ET DES GOMERÏTES. Liv. I. Cil. XII. 155
fiîère de tanner le cuir. On peut supposer aussi qu’ils fabriquoient leurs Ar* Sectionmes, c’est-à-dire,des Cimeterres, des Javelines,des Aiíììeux, mais fur- VI.tout des Arcs & des Flèches,dont ils savoient lì merveilleusement bien se Histoireservir, que leurs enfans apprenoient à tirer à un.but, dans le tems même d f Scythes^ue les chevaux, qu’ils montoient, couroient à toute bride. De-là le ^ ^ 0->-proverbe, que les Scythes étoient aussi habiles à tirer de l’Arc,que les m " es ‘Grecs l’éioient à jouer de la Lyre. Ce fut à leur école, à ce qu’on assure,
Me Cyaxare , Roi de Médie , envoya son fils pour apprendre à manier l’Arc.
Ees Scythes n’etoient pas moins bons Cavaliers *, & c’tst 2 cause de cela•m 'Hérodote & Lucien leur donnent le nom de nrnarQ^oTai (a). Leurs fem-mes mêmes tiroient fi adroitement & aboient si bien à cheval, qu’ellesne le cédoient aux hommes fur aucun de ces articles (ô). Les Anciens ontr emarqué, que les Scythes n’avoient ni Anes ni Mulets ; & la raison qu’ilsrendent, est que leur Pays étoit trop froid pour ces sortes d’animaux.E’expériencea démontré depuis le contraire, du moins par rapport auxpremiers : mais la vraie raison semble avoir été, que leurs Chevaux scr-Voient à tous les usages auxquels ils auroient pu employer les animaux enquestion, & étoient outre cela beaucoup plus agiles.
Pour ce qui est de l’Agriculture, ils ne paroilfent pas en avoir eu aucune Agrknì-connoissance. Hérodote, à -la -vérité, fait mention d’une de leurs Provinces às.dont les habitans s’appelloient Olbiopolites , & quelesGmrr nommoient Bo-r yftJiéniens , à cause qu’ils habitoient les bords Septentrionaux de ce Fleuve.
Cet Historien assure qu’ils semoient du Grain, moins pours’en nourrir, queP°ur en faire commerce (c). Les autres Scythes négligeoient entièrement‘Agriculture, aimant mieux changer de demeure pour fournir de bons pa-rages à leur Bétail, & se contenter de ce que la terre produifoit d’elle-méme, que de sc donner la peine de la labourer. De-là probablement cesVastes Déserts & tant de Pays inhabités qui séparent une Tribu de l’autre,oans les Ecrits des anciens Historiens & Géographes. Nous ignorons cequ’ils faifoientde la laine de leurs Troupeaux. Peut-êtrenelatravailloient-ils pas,puifqu’ils s’habilloient des peaux de divers animaux, tant sauvagesque privés (d). D’ailleurs, comme ils préparoient eux mêmes leurs peaux,d s pouvoient à cet égard encore se passer des Manufactures étrangères,à avoient sûrement des Forgerons, tant pour leurs Armes que pour leursChariots. Par rapport à leurs Flèches, leurs Dards, leurs Javelines , &a utres Armes pareilles, st les têtes en étoient de cuivre, comme il y a
(«) Herodot. Lib. I. (V) Herodot. ubi fupr. Jusliu. Lib.II. c. 2.
( b ) Idem Lib. IV. Lucian in Toxar. & Mêla & aï.
! er mot. lVJela Lib. I. c. 21. 111. IV. Bo- (</) Idem ibid.a » Phaleg Lib. 3. c. 9 & si.
* Bochart observe, que c’est à cela même que le Prophète (1 ) sait allusion, quand, cnP" r «nt d e r Armée de Ma "og, c’est -à -dire des Scythe s, il appelle leurs chevaux, P'JI atiD Susthn uparaúiim lebuihe Miklol, des Chevaux & des Cavaliers parfaitement^“■iplmés. Kimdii donne à leurs Cavaliers l’épithéte d’experts à manier toutes fortes d’armes,a Version Anglotse représente leurs chevaux comme en étant tout couverts.
fi) Ezéch. XXXViii. 4.
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