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VI.
UHìoiredes Scythes6? des Go-mérites.
Bergers& Censde Guerre.
f ol^gamie.
Fêtes',
Obsèquesdes scy-thes.
156 HISTOIRE DES SCYTHES,
lieu de le croire, fi l’Histoire du Vaisseau de cuivre, rapportée ci-dessus,est véritable, - il n’y avoir pas grand art à le faire, rien n’étant plus facileque de les jetter en moule. Leurs Arcs pouvoient être faits comme ceuxdes autres anciens Peuples, quoiqu’il ne soit nullement impossible qu’ilsay en t eu des Ouvriers qui leqr faisoient des Armes de fer &d’acier, cellesqu’ils enlevoient à leurs Ennemis ne pouvant pas leur suffire. Véritable-ment on ne sauroit guères supposer qu’ils fissent leurs Chariots fans le se-cours de quelques Artisans pareils ,-quoiqu’après tout il soit clair qu’il y aeu parmi eux auffi peu de Métiers que chez aucun autre Peuple, <k qu’ilsn’ont eu aucun de ceux dont ils pouvoient se passer.
Leurs grandes richesses & leur principale nourriture consistoient dans denombreux Troupeaux, dont ils confissent le soin à des Bergers, qui chezles Scythes étoienc inférieurs en rang aux Gens de Guerre, & avoient desEsclaves au dessous d’eux. Quand un endroit ne pouvoit plus servir de pâ-turage, ils se transportoient dans un autre avec ceux de leurs familles quin’étoient pas propres au Métier des Armes. Ces derniers vivoient princi-palement de Miel & de Lait. C’étoient leurs Cavales qui leur fournissoientparticulièrement cette dernière sorte de nourriture , ik dont la féconditéétoit aidée par un bizarre moyen, s’il en faut croire Hérodote. Nous igno-rons quelles sortes de provisions les Gens de Guerre prenoienc avec eux,quand ils s’absentoient pour quelque Expédition. Ce qu’il y a de vraisem-blable, c’est qu’en entrant dans un Pays ennemi, ils commenjoient pars’emparer de tout le Bétail qu’ils y trouvoient.
L'Histoire de leurs Rois semble nous fournir quelques exemples de Po-lygamie. En général, ces Princes ne paroissent pas avoir été fort scrupu-leux sur le chapitre du Mariage. Les uns épousoient des femmes étrangè-res, & nous lisons qu’un d’eux épousa la veuve de son propre Père, sansque nous puissions affirmer que la même liberté fût accordée à des Parti-culiers. La raison que les Grecs ailéguoient pourquoi ils abhorroient les Bac-chunales des Grecs , savoir parce qu’il n’étoit pas raisonnable de supposer qu’unDieu employât son pouvoir à causer aux Hommes des accès de Folie, sem-ble prouver que l’ívrognerie n’étoit pas un vice commun parmi eux. Aussi neparoit- il pas qu’ils donnassent bea-ucoup dans les Festins. Cependant ils encéiébroient un annuellement dans chaque District, en faveur de ceux qui,comme nous savons dit ci- dessus, s’étoient signalés en tuant un ou plusieursEnnemis. Hérodote parle encored’une autre Féte,qu’oncélébroit à l’occasion.de certaines funérailles, par la description desquelles nous terminerons cet-article.
Nous avons déjà dit un mot des Obsèques de leurs Monarques. Quandquelque autre Personne de distinction venoit à mourir, ses plus prochesParens faisoient embaumer son corps, & le faisoient transporter de maisonen maison chez ses Parens & les Amis, qui tour à tour régaloient le Mort,en mettant devant lui une partie des mêmes choses qu’ils offroient à leursConvives. Cette cérémonie duroit 40 jours, après lesquels on enterroiíle Mort, & ceux qui l’avoient accompagné, se purifioienc, non pasquelques ablution', mais par la fumée d’une sorte de Chenevi particulière àleur Pays, qui, étant jette-fur des pierres brûlantes, rendoit une odeu®