HISTOIRE DES PHRYGIENS. Liv. I. Ch. XIII. 189
te Princesse, éprise des charmes d ’Jttis, devint enceinte; faute dont son sectionPère se vengea, en faisant mourir son Amant. Cybèle, pénétrée de Ja plus m.vive douleur, parcourut longtems les Montagnes & les Forêts de la Phry- Histoirefisc, en cherchant,s’il e'toit possible, quelque soulagement à ses ennuis.
Enfin fa tristesse étant tant soit peu calmée, elle contracta une intime fa - siens ’ttiiliarité avec apollon, & se rendit avec lui dans le Pays des Hyperborèes.
Par ordre de ce Dieu le corps d ' Attis fut enterré, ôt Cylèle mile après fastiort au rang des Dieux. De ces deux Histoires de Cybèle , qui viennentl’une & l’autre de bonne main, nous pouvons conclure, que les Phrygienssvoient plus d’une Généalogie, & diverses traditions concernant leur gran-de Déesse *.
On dépeignoit Cybèle affise dans un Char tiré par quatre Lions, couron-née de Tours, tenant une Clé en sa main,& paréed’un Habit parsemé defleurs de différentes couleurs. Par cette Divinité les Mythologistes enten-dent la Terre, fur laquelle il y a des Villes & des Tours, ce qui est mar-qué emblématiquement parla Couronne de Cybèle: la Clé qu’elle tient,fignifie que la Terre, qui en hiver est comme fermée , commence à s’ou-vrir au printems : son Habit parsemé de fleurs de différentes couleurs ,est un symbole des fleurs dont la Terre est émaillée: les Lions qui tirentson Char, désignent son empire sur tous les Animaux, qu’elle produit &qu’elle nourrit : enfin Saturne , c’est - à - dire le Tems, lui est donné pourépoux, afin de signifier que ce n’est qu’avecle tems que la Terre produitquelque chose. Eusèbe & d’autres ( a ) sont d’opinion que Cybèle étoit unePemme célèbre par les remèdes qu’elle avoit contre les maladies auxquel-ks les Enfans sont sujets, &que c’est son habileté à cet égard, quia don-°é lieu à routes les histoires qu’on raconte d’elle.
Cybèle avoit ses Prêtres, & un Culte qui lui étoit particulier. Ses Prê-tes s’appelloient Cubeboi en Phrygien , pour la raison rapportée ci-dessus.
Les Grecs & les Latins les nommoient Curètes, Corybantes (mot qui expri-me en Grec le sens de celui de Cubeboi ) & Gallì , à cause du Fleuve Gal-Us t qui traverse Pejsmunt ,oi\ la Déesse avoit un magnifique Temple. On
(a) Diodor. Sicul. L. III. Euseb. de Pnep. Evang.
* Les Auteurs Romains ne sont d’accord, ni avec les Ecrivains que nous avons cités, niitre Lux, au sujet de la Déesse en question. Suivant eux Cybèle étoit fille du Ciel & de lae erre > épouse de Saturne, & ia même qu’Ops, R hie , Pesta & la bonne Déesse. Elle fut^ Posée furie Mont Cyhcìus immédiatement après fa naissance, & fut nourrie fur ce Mont,2a a° f d P ar * es Hôtes sauvages, & ensuite par la femme d’un Berger, qui la trou Va par ha-cl/rn c ‘ Les Romains ayant sti par les Livres des Sibylles, qu’il leur feroít impossible de. r [ es Carthaginois d’ Italie, tant que la Mire Mienne ue feroit pas apportée à Rome, en-j^yéreindes Ambassadeurs au Roi Attak, qui leur remit une pierre, que les habitans der e , appelloient la Grande Mère des Dieux. Ceci arriva fan de Rome 550 (i). II fautav n ? rc Uier que si d’un côté les Romains faifoient de Cybèle la même Déesse que Pesta , ilsf d’un autre côté deux Déesses qui portoient ce dernier nom, & que leurs Poètes con-Sat X Couvent ensemble Cybèle étoit la Pesta, qu’ils appelloient la Terre > & Femme deelle s’appelloit Pesta, parce que ftatvi terra sua, comme dit Ovide. vi stando terraL’autre étoit Fille de Saturne, & la Déesse du Feu, 011 plutôt le Feu même, fui-Ce Vers du mérne Poète. Nec tu aliud Pesta quam vivant intellige flammam.
(ij Liv. Dccad. III. L. IX, c. XI.
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