Section
I.
Histoiredes Lydiens.
2Z6 HISTOIRE DES LYDIENS.
comme étant un seul & même Pays,elles ne laissent pasd’être quelquefoisdistinguées Tune de l’autre; cette partie où étoit Je Mont Tmolus, & quié toi t arrosée par le PaElole, étant proprement appellée Mceonie-, & i’autre,qui étoit le long de la côte, Lydie. Cette distinction, suivant sobservationde Spanheim (a) , se trouve dans Homère , dans Callimaqug , dans Denys , & estd’autres anciens Ecrivains. Dans la fuite des teins, quand les Ioniens , quiavoient planté une Colonie fur les côtes de la Mer Egée, commencèrent àfaire quelque figure dans le Monde, cette partie s’appella Ionie , &le nomde Lydie fut donné a l’ancienne Mceonie.
La Lydie, suivant Pline (b), Ptolomée , & quelques autres anciens Géo-graphes, étoit bornée par la Grande Myjìe au Nord, par la Carie au Mi-di, par la Grande Phrygie ài’Orient,& à i’Occident par Y Ionie, étant situéeentre le 37. & le 3,?. degré de Latitude Septentrionale. Ce que les Anciensappelloient le Royaume de Lydie, n’étoit pas renfermé entre de fi étroiteslimites, principalement fous les derniers Rois, mais s’étendoi t depuis leFleu*ve Halys jusqu’à la Mer Egée. La Description de Pline comprend 1 ’Eolie, si-tuée entre l’Hennus & le Caïcus : mais cette Région demande un article à part.
Les principales Villes de Lydie étoient Sardes, Capitale du Royaume»& séjour du Roi Crmfus. Cette Ville étoit sur les bords du Pactole au piedu Mont Tmolus. Les Perses regardoient Sardes comme une Place si im-portante entre leurs mains, que Xerxès , ayant appris que les Grecs s’estétoient rendus les maîtres, ordonna à quelqu’un de ses gens de crier cha-que jour à haute voix durant son diner, Les Grecs ont pris Sardes : ce qmfut continué jufqu’à ce qu’il l’eut reprise. Un tremblement de terre la rui-na entièrement, mais elle fut rebâtie par Tibère. On voit encore les rui-nes d’un grand Palais,& deux magnifiques Eglises, fans compter plusieursColomnes & Corniches de marbre. A une petite distance de Sardes est u stVillage du même nom, que quelques Auteurs croient être la Sardes, quiavoit une Eglise, dont il est fait mention dans ['Apocalypse. Près de cet-te Ville se voyoit, du tems d'Hérodote (c), le Sépulcre d 'Âlyatte Pèrede Crœfus, dont le fond étoit de pierre, mais tout le dessus de terre»ayant 6 stades ôt 200 piés de circonférence, & 1300 piés de largeur.
Philadelphie , autrefois la seconde Ville de Lydie , & appellée ainsi d’aprésXttalus Philadelphe frère d ’Eumène, étoit dans une vaste & fertile plaisl eau Nord du Mont Tmolus. C’étoit dans cette Ville qu’on célébroit ancien-nement les Fêtes communes à toute 1 ’/Jfie, comme il paroit par une In-scription que Spon rapporte (d). Elle renfermoit dans son sein une des ses cEglises, & continua à fleurir fous les Empereurs Grecs. Sardes fut laderniè're Ville dont les Turcs se rendirent maîtres dans YJjïe Mineure, encore st efut-ce qu’à des conditions très honorables qu’elle se rendit,& après avoi fsoutenu un siège de six ans. Elle a conservé son ancien nom parmi les Grecs fmais est connue des Turcs fous celui d '/lllachsheyer. Une partie des ancienn eSMurailles subsiste encore avec les ruines d’un Amphithéâtre, & quelqst e *
(a) Ad Callimach.Hymnum iiiDelnm vers. 250. (c) Herodot. L. I. c. <>3.
(/;) Plin. L. V. c. 25. Çdj Spon. Voyag, d’italie &c.