286 TEMS FABULEUX ET HEROIQUES &c.
Section consacrée, & à l’honneur de laquelle furent institués les Jeux nommésPtf-IV. vathénèes. Outre fa force, fa beauté, & son opulence, elle étoit fameu-
Histoire fe, i. par la fidélité inviolable de ses habitans, ce qui donna lieu au pro-d'/Jttique. ver be F ides Attica ; 2. pour avoir été une pépinière de grands Orateurs,de Beaux-Efprits, & d’habiles Philosophes; & 3. pour avoir produit plusde Généraux célèbres qu’aucune autre Ville du Monde, fans même en ex-cepter Rome , ce qui la fit considérer avec raison comme un des yeux delai Grèce. Le principal Fleuve de ce Royaume est 1 'Asopus, qui, sortant duLac Copaïs , traverse la Béotie & s Attique, & s’étant partagé en deux branches,qui arrosent les fameuses Plaines de Marathon , se jette dans la Mer Egée-
Couver* Le Gouvernement, depuis fa prémière fondation fous les Archontes , futnement. ‘ Monarchique durant une succession de dix-fept Rois. Ce qu’il y a de re-marquable, est que les Athéniens ne changèrent pas le Gouvernement Mo-narchique en Républicain , comme d’autres, parce que i’Autoritéd’un Roileur paroissoit insupportable, mais plutôt à cause du profond respect qu’ilsavoient pour le dernier de leurs Princes. Ce Monarque ayant généreuse-ment sacrifié sa vie pour ses Sujets, les Athéniens résolurent, par un prin-cipe de reconnoifiance , que désormais aucun homme ne porteroit plusparmi eux le titre de Roi, & donnèrent à son fils & Successeur Je nomd 'Archonte (a), qui subsista durant dix successions : la feule différence entrele Gouvernement Monarchique & celui des Archontes étant, que Je premierétoit héréditaire, & le second électif, & que les Archontes étoientrespon-sables de leur conduite devant le Peuple.
Richesses. Les Richesses de ce Royaume, qui étoient le fruit du Commerce & dsla Frugalité de ses habitans, montoient à 1200 Talens ( Attiques ) par an(b). De si prodigieux revenus leur donnèrent une grande supériorité fur tousleurs Voisins, non seulement parce qu’ils les mettoient en état d'être pluspuissans par Terre & par Mer, mais aussi de gagner les Etats voisins.
Mannoie. La figure d’un Bœuf étant ordinairement marquée fur leurs Pièces deMonnoie, les Grecs avoient coutume de dire, que telle ou telle chose va-loit dix ou cent Bœufs (c). C’est ce qui donna lieu aussi au proverbe, Bo-
(«) Justin L. VI. c. 7. Paussn, w Achaic. (c) Vid. Flutarch. in vit. Thés.
{b) Tucydid. ubi sup. p. <-2.
sulté sor ce sujet, répondit que Neptune & Minerve se disputaient l’honneur de lui donnerun nom ; que l’Olivier étoit un don de Minerve , & la Fontaine (ou le Cheval) un don deNeptune, & que la préférence devait être accordée à la Divinité qu’on jugerait avoir sait ISprésent le plus utile au Genre humain. Les Hommes & les Femmes s’étant assemblés poúcdécider cette question, les prémiers furent pour Je Dieu; mais les autres, qui étoient enplus grand nombre, furent pour la Déesse, & la Ville fut appellée Athènes. Neptune , pour ssvenger de cet affront, inonda les terres autour à’Athènes", & les Hommes pour appaiser 1 ®colère,firent trois Décréts contre les Femmes: l’un, qu’elles 11e feraient pas appellées Jtl>é'niermes, mais Attiques", le second, qu’elles n’auroient pas voix dans les Affaires de fiitatî& le dernier, que déformais aucun Enfant ne porteroit le nom de fa Mère. Les Poê' [eSont embelli cette Histoire à leur manière , en faisane entre-disputer I honneur en quiso° avisiblement à ces Divinités, qui prirent des Arbitres, où à qui Jupiter en donna. H oOÍverrons dans la fuite d’autres exemples de ces sortes de contentions (ij.
(1) Apollod. ubi supr. c. 3 . Tausan. in A t tic.