3 o4 T F, M S FABULEUX ET HEROIQUES &c.
Section nom de Cadmée. Ce furent ces deux Héros, qui, suivant Homère ,firentv. fortifier Thèbes d’une muraille, qui devint fameuse dans la fuite, & qui//í/?»/re~'6utre ses fepc portes, étoit défendue, d’espace en espace, par un grandtle Béotie nombre de hautes tours ; fans quoi il leur auroit' été impoíîiblede défendre& de Thè • j 0R gi;ems cette Ville contre les Thébains *. Une maladie contagieuse &es ‘ terrible désola peu de tems après le .Royaume de Thè'es , & enleva entreautres habitans Amphion , & fa famille. Son frère Zethus, qui lui succéda,périt d’une autre manière. Son 61s unique fut tué par sa propre Mère; mal*heur qui abrégea les jours de Zethus , & qui donna occasion aux Thébainsde faire remonter Laius fur le Trône. Laius ayant épousé J oc a [le , ou,comme d’autres rappellent , Epicajìe, fille de Cre'o», fut averti par l'Oraclsà'Apollon, que s’il avoit d’elie un fils, ce fils le tueroit. De ce funeste ma*riage naquit Oedipe y que Laius donna à un Berger,avec ordre de le fairemourir f; mais cet homme, touché de compaíìîon, l’exposa dans un en*droit où il fut trouvé, & dans la fuite présenté à Polybe , Roi de Corinthe ,qui eut foin de faire guérir les blessures de ses piés, & qui lui donna àcause de cela même le nom à 1 Oedipe (a). Quand Oedipe, devenu grand,sut qu’il n’étoit point fils du Roi de Corinthe , il alla consulter l’Oracle deDelphes pour avoir des nouvelles de ses parens, précisément dans le mêmetems que Laius alloic s’informer à l’Oracle ce que son fils étoit devenu. Ilsse rencontrèrent dans la Phocide , & à l’occasion d’une querelle qui survintentre ceux de leur suite, Oedipe tua son Père fans le connoître, & se ren-dit à Thèbes , où il épousa sa Mère Jocafte , A obtint la Couronne pour avoirexpliqué l’Lmgme du Sphinx j. Etéocle & Polynice furent les fruits de ce§
mariage
{a) ConferPlut. iiiThef. Diodor. Siens. L. IV. p. 185 Pausan. ubi supr. ApoUod.L.III. c. 5 »
* Ce que la Fable ajoute touchant les effets miraculeux de la Lyre à’/lmbhion dans la cous*truction de ces murs, est trop connu, pour que nous disions autre chose sur ce sujet, sinonrpft Amphion fut le premier qui apporta en Grèce la Musique, qisii avoit apprise en Lydie (i)î& qu’on en fut si charmé, qu’il n’y eut personne qui 11e travaillât avec empressement,en l’en*tendant jouer de la Harpe. Son éloquence (talent qu’il poffédoit auíiì dans un degré éminent)peut aussi avoir puissamment contribué à persuader aux Thébains de renoncer à leurs mœursféroces, & de vivre en Société.
f Ou, suivant d’autres, de lui percer les piés, & de le suspendre par-là à un arbre, poUtêtre dévoré par quelque Bête féroce.
j C’étoit un Monstre qui défòloit tous les environs de Thèbes . II avoit le devant de la têt®& le corps d’un Chien, & tuoit tous les paffatis qui ne pouvoient pas expliquer son énigme-Crêon , Père de Jocafte , règnoit alors à Thèbes. Ce Prince, ayant consulté l’Oracle, eut poufréponse, que ces malheurs ne cefferoient que quand il se trouveroit quelqu’un assez habile poufexpliquer l’énigme: sur quoi Créon fit publier, que celui qui donneroit la solution de sénifPme, épouseroit Jocafte. Oedipe eut le malheur de réussir, & eut de son mariage incestueuxdeux fils, qui s’entrefirent une cruelle guerre.
§ C’est.ainsi que tous les anciens Poètes, à l’exception d 'Homère, racontent la chose P t0 'bablement afín d’inspirer des sentimens de compassion pour ces malheureux époux & pourleuf*descendans; mais Homère, au contraire, introduit Ulyfe, disant qu’il avoit vu en Enfer 1 *belle Epicafte, qui avoit épousé íàns le savoir son fils, meurtrier de son propre Père; & que I® 5Dieux,en hâtant la mort de ce Prince,prévinrent les funestes effets de ce mariage incestueuxCar, comme le remarque très bien Paufanìas (z), comment les effets de ce mariage fureur*ils prévenus, si Oedipe eut quatre eufans de fa Mère?
II ajoute fur l’autorité d’un Poème, intitulé ï'Oedipiade, ou les Aventures i' Oedipe , st 11 '*eut ces eufans à'Euriganée, fille d ’Hyper bas.
(1) Plin, L, VII. c. j S. Paufan. in Bœot. èc al.
(a) Idem in Bceot. c. Ci