Section
I.
flifìoiredes Athé-niens.
Ditfin-fions àAthènes.
484 HISTOIRE DES ATHENIENS.
Pendant que les affaires du dehors étoient dans cette situation, lesAthe-mens ne se trouvoient guères plus tranquiles chez eux. Périclès étoit parvenuà un point de crédit &d’autorité,auquel personne dans Athènes n’avoitat-teint depuis le tems de Pìfiflratc. Le dernier rival qui lui disputa la faveurdu Peuple, fut Thucydide , homme de grand mérite, & dune naissance dis-tinguée. U s’oppofa de tout son pouvoir aux changemens que le Parti duPeuple cherchoit à introduire dans le Gouvernement ; & en particulier aPériclès, qui, voyant que Thucydide ou lui devoit céder la place, mic ,chose aux voix, & fit bannir son compétiteur par Ostracisme. Dès - lors P*'ricìès changea de manière d’agir, & affecta des airs de Prince, disposant detout à son gré, & se chargeant de l’administration des affaires , tant poUf]e dehors que pour l’intérieur du Pays. Quand quelque danger scmbloit me-nacer l’Etat, & que les Athéniens craignoient de sc trouver engagés dansquelque guerre où il faudroit combattre, non pour acquérir de la gloire »des richesses ou de l’autorité, mais pour défendre leurs terres, leurs mai'sons, & tout ce qu’ils avoient de plus cher, ils s’irritoient contre Périclès*& recevoient fans difficulté toutes les accusations que ses adversaires j u 'geoient à propos d'intenter à lui ou a ses amis. Par exemple, quand >tin des Ouvriers de Phidias , accusa cet excellent Statuaire devant le P^*pie, d’avoir gardé une partie de l’or qui lui avoit été donné pour faire 1®Statue de Minerve, ceux qui vouloient du mal à Périclès , se déclarerezpour l’accufateur, par plusieurs raisons, & entre autres par ces deux- ct,prémièrement,afind’essayer par cette démarche,quelleseroit la dispositiondu Peuple en cas qu’on suscitât quelque affaire à Périclès lui-même5 11second lieu, pour se venger de Phidias, qui avoit représenté sur ]eBoucli esde la Déesse, Périclès combattant une Amazone. Cependant la chose tou s *na tout autrement qu’iìs ne sc l’étoient imaginé , Phidias ayant déclaré (\° epar le conseil de Périclès il avoit employé l’or de Ja Statue de maniésqu’on pouvoit l’ôter entièrement, & le peser, ce qui fut fait. Phidi ^quoique juttifié par-là, mourut néanmoins en prison,ou fut banni.que dit qu’il fut empoisonné par ordre des ennemis de Périclès , qui vom a *rent dans la fuite faire tomber le soupçon de ce crime fur lui (a). Herffltyçaccusa après cela Ajpafie d’impiété ou d’irreligion , comme aussi de so rVJde maquerelle à Périclès, ik de séduire les femmes & les filles des Cito}’ e °d’Athènes. Dìopithe proposa au Peuple de passer en Loi, que ce seroit un cri®.à l’avenir de ne pas donner d’informations à l’Aréopage contre ceuX 4difputoient fur la Religion du Pays, ou qui enseignoient des choses coslt rares à cette Religion, sous prétexte de donner des leçons de Physiq u fd’Aítronomie. Ce trait portoit contre Anaxagore Précepteur de Pér‘ c ‘ ’& contre Périclès même. Le Peuple consentit au Decret proposé, en c °séquence duquel Anaxagore fut cité en Justice *. Pour susciter de nouve a
{a) uiouor. òicui.
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* Plutarque n'exprime pas clairement en quoi consistoit proprement l'accâîonté intentée à Afpasie & à Anaxagorï. A. 1a - vérité, il étoit assez naturel que <*«st hab jjeidistinguées par la grandeur & par la beauté de leur génie, auíu-bien que p ar usfiocte* ^eu Physique, fussent foupçouuées d’uTeUgiou dans un Iays, où, dès le tems H