Sectionl.
Histoiredes Athé-niens.
tie, dans l’espérance que s’il pouvoit avoir part à rétablissement de rOJjrgarchie, Alcibiade seroit obligé de prendre d’autres mesures. IlyavoitaulUà Athènes un certain Antiphon , qui s’étoit rendu si redoutable par son élo-quence, que le Peuple lui avoit défendu de parler en public. Cet hommeforma un nouveau Plan de Gouvernement, qu’il communiqua à Py/andre •Ce dernier, qui écoic devenu très populaire, proposa, pour faire passer soplan en question, que dix hommes fussent revêtus du pouvoir d’établir dsnouvelles Loix & d’alcérer les anciennes comme ils le jugeraient à propos-L’élection de ces dix Législateurs étant faite, ils convoquèrent une Asse m *blée du Peuple à Colone , qui étoit un endroit hors de la Ville. Au-lieiid’un Corps de Loix, ils n’en proposèrent à cette Assemblée qu’une seule*qui étoit, que chaque Athénien pût dire librement son avis ; ce qui ayant e-té accordé, Pysandre offrit son plan, qui revenoit en substance à ceci. Ondevoit abolir Y ancienne forme de Gouvernement, & choisir cinq Prytanes,qui nommeraient cent hommes, dont ils feraient partie. Chacun de cescent en associerait trois à fa volonté, ce qui faifoit en tout quatre cens, aux-quels on donnerait un pouvoir absolu. Ces quatre cens dévoient appellesauConseil cinq mille Citoyens, quand ils le jugeraient à propos. Ainsi ssrit l’ancien Gouvernement d 'Athènes, dont le Peuple commençoità fedé*goûter, fans être fort charmé du nouveau ; mais ceux qui en a voient forméle projet, étoient d’habiles gens, qui employèrent la force pour l'introduire.Quand l’Assemblée fut séparée, les quatre cens, armés de poignards, &accompagnés d’une garde de six vingts hommes, entrèrent tout-à-coupdansleSénat, & contraignirent les Sénateurs de se retirer, après leur avoir paysce qui leur étoit dû de leurs appointement Après cetacted’autorité,pc r 'sonne ne songea 3 faire la moindre résistance , ne sachant à qui s'adresser-Le nouveau Sénat élut des Prytanes , ou Présidons, tirés de son proptsCorps, & affermit son autorité par les moyens les plus violens, c'est-à-di reen faisant mettre en prison les uns, & en massacrant ou bannissant les au-tres: cependant ces cruautés ne furent pas de longue durée, & les quatrecens, dès-qu’ils eurent écarté leurs ennemis, gouvernèrent avec assez dedouceur. 11s envoyèrent des Ambassadeurs à Agis, qui étoit avec une A»mée Lacédémonienne à Dècèlêc , pour lui dire qu’ils étoient disposés à enteN'dre à un accommodement, & que les Spartiates pouvoient plus se fier àeux qu'à un Gouvernement Populaire; mais Agis ne fut pas de ce senti'ment, ne pouvant s’imaginer que les , qui avoient été si épris de
la Démocratie, restassent longtems soumis à une Oligarchie, établie plu-tôt par l’habileté d’un petit nombre, que par un effet del’inclination géné-rale des Citoyens. Ainsi il laissa partir les Ambassadeurs fans réponse, ^ayant informé les Lacédémoniens de leurs propositions, il fit en sorte qu’o°envoya un renfort considérable en Attique. Dès-que ce renfort fut arrivé*
520 HISTOIRE DES ATHENIENS.
Dès-que Pysmdre & ses Associés furent de retour de l’Armée, ils accu-sèrent Phrynique devant le Peuple, & le firent rappeller. C’étoít, suivantThucydide , un homme d’une prudence consommée, habile, & ausîì hon-nête-horame que la corruption de son tems pouvoit le permettre. A sonretour. il crut devoir suivre le torrent, & se déclara contre la Démocra-