HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Ch. XVIII. 525
par Xénophon: l’Ouvrage du prémier comprenois les évènemens des 17 Sectionannées suivantes, & celui du second les évènemens des premières 28 an- 1.nées. Le cems a détruit les Ecrits de Tliéopumpe > dont cependant une partie Histoire'pourroit bien avoir été conservée par Diodorc de Sicile. L’Histoire Grecquede Xénophon est parvenue jusqu’à nous ; & c’est par le moyen des lumières mem "qu’elle nous fournit ,& de plusteurs-choses que Plutarque nous a transmises,que nous nous trouvons en état de continuer l’Histoire des Athéniens (a).
Doriêc , Amiral des Galères Italiennes , paífant de Rhodes dans YHellefpont AnnéeSu secours des Lacèdémoniens , fut découvert par les Athéniens , qui sortirent lecontre lui, & l’obligérent à relâcher à terre, & à retirer à sec ses Vaisseaux. 25 gy ge A .La Flotte Athénienne l’y attaqua, & lui auroit enlevé ses Galères, ûMin ■ V ant "j. C.dare , Amiral Pèloponnêfien , n’étoit pas venu à leur secours avec une Flotte 411.de 8f Voiles. Les Athéniens renoncèrent alors à leur prémière entreprise,
& se préparèrent à un engagement général, dans lequel Thrafybule com-tnandoit l’aile droite, & Thrasyle l’aile gauche. Mindare avec ses VaisseauxLacèdémoniens avoit son poste à la droite dans la Flotte du Péloponnèse, lesGalères de Syracuse étoient placées à la gauche. Pharnabaze ,{ur le secoursduquel les Pèloponnèfiens savoient pouvoir compter , se trouvoit avec uneArmée Persane le long du rivage. Ces désavantagés ne servirent qu’à re-doubler les efforts des Athéniens. La victoire incertaine ne se déclaroit en-core pour aucun des deux Partis , quand on vit venir de loin une Flottede 20 Voiles. Comme tous les combattans ignoroient st cette Flotte étoicamie ou non, ils tâchèrent de terminer faction avant qu’elle fût arrivée.
Quand elle ne fut plus qu’à une petite distance,la Galère de l’Amiralarbo-ra un Pavillon couleur de pourpre, que tout le monde savojt.êtreparticu-lier .à Alcibiade. LaFlott q Pèloponnéfienne ayant pris la fuite à cette vue, lesAthéniens se rendirent maîtres de 10Vaisseaux, &n’en seroientpasrestés-là, fans une violente tempête qui s’éleva tout-à-coup. Mindare se sauvadans le prémier Port qu’ilput trouver, & alla joindre avec son monde l’Ar-mée de Pharnabaze , qui le défendit contre les Athéniens. Les Eubéensayant presque tous abandonné les Athéniens , furent invités par les Béotiensà joindre leur Pays au Continent par un Isthme artificiel : projet auquelils consentirent, & dont ils vinrent à bout en dépit des obstacles que lesAthéniens y opposèrent, & de la rapidité des eaux de YEuripe , c’est-à-diredu Bras de mer qu’il étoit question de combler. Thèramène , qui étoit un desAmiraux Athéniens, voyant qu’il lui étoit impossible de traverser l’exécutionde ce dessein , cingla vers Pare , qu’il stc rentrer fous l’obéissance des Athé~
»ím, obligeant en chemin faisant ceux qui avoient abandonné la Républi-que, à lui payer d’exorbitantes contributions ; après quoi il alla joindre lagrande Flotte commandée par Thrafybule. Peu de tems après cette jonc-tion, on reçut avis que Mindare , par le secours de Pharnabaze , avoit pris Cy,ni-que d’assaut, ce qui fit prendre la résolution de lui aller livrer bataille sur lechamp. La Flotte Athénienne étant arrivée à Pmonnèse , y passa une nuit àl’ancre. Le lendemain on débarqua les Troupes, & CÌiarès , qui les comman-
(<r) Thucyd. L. VIII. prop. fiu. Diod, Sicul. L. XIII. Plut. ia vit. Alcibiad, Justin. L. V.
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