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Histoiredes Allié •nient.
526 HISTOIRE DES ATHENIENS,doit, eut ordre de marcher droit à Cyzìque. Pour ce qui est de la Flotte, elí®fut partagée en trois Escadres, l’une commandée par Alcibiade, la secondepar Théramène ,8c la troisième par Thrafybuìe. Alcibiade parut avec son Esca-dre à la vue de la Flotte du Péloponnèse , ce qui engagea Mindare à mettre. en mer avec 80 Vaisseaux, & à livrer bataille à l'A mirai Athénien. Ce der-nier, à l’approche del’Ennemi, se retira en désordre, & ne vit pas plutôt lesPéloponnésiens empressés à le poursuivre sans garder leurs rangs, qu’il donnaun lignai, auquel fa Flotte se remit en ordre de bataille. Les Pèloponnèfic «rapperçurent alors les Escadres de Théramène & de Thrafybuìe entre eux & I erivage, & prirent le parti de gagner le Port de Cìéros , situé à une petitedistance du Camp de Pharnabaze. Alcibiade les y poursuivit, & prit ou coulaà fond en chemin faisant un grand nombre de Vaisseaux. Cependant, quandles Péloponnésiens eurent gagné le rivage , Pharnabaze les secourut si bien,que les Athéniens commencèrent à combattre avec désavantagé. Thrafybuìedébarqua alors son monde pour venir à leur secours, & ordonna à Thérami 'ne d’en faire autant. Alcibiade eut en tête Mindare & les Lacèdémoniens , &Tbrasybule en vint aux mains avec le reste des Péloponnésiens & avec lesTroupes de Pharnabaze , quoiqu’ils fussent l’un & l'autre presque entourésd’Ennemis. Dans cet instant Thèramène & Charès arrivèrent avec leur In-fanterie; la bataille fut sanglante & la victoire Iongtems disputée , jusqu’áce que Mindare ayant été tué, les Perses , les Péloponnésiens & les Lacédèmfnìens prirent tous la fuite. Ce fut ainsi qu'Alcibiade eut l’immortelle gloirede gagner dans un même jour une victoire fur terre & une autre fur mer,de íe rendre maître de toute la Flotte ennemie, & de faire plus de butinque ses Troupes ne purent en emporter. Quand ces heureuses nouvelles vin-rent á Athènes , le Peuple s’abandonna aux transports de la plus vive joie}on leva au plutôt une Armée de icoo Fantassins & de 300 Chevaux , &30 Galères eurent ordre d’aller joindre Alcibiade , de qui, comme étant ac-tuellement maître de la Mer, on attendoit tout. Les Lacèdémoniens , per-suadés que cette guerre entraîneroit à coup sûr après elle la ruine d'un deSdeux Etats, envoyèrent un Ambassadeur à Athènes pour y faire des propo-sitions de Paix. Ce Ministre adressa au Peuple un discours excellent, danslequel il fit voir en peu de mots, qu 'Athènes avoit plus perdu que Sparte p arla guerre à laquelle il venoit demander qu’on mît fin. 11 ajouta que le*Lacèdémoniens souhaitoient de s’assranchir eux-mêmes & leurs Voisins, desmaux que leur acharnement à s’entredétruire leur avoit causés ,& que c’é-toit uniquement dans cette intention qu’ils l’avoient envoyé faire des propo-sitions de Paix. Le Peuple parut d’abord prêter l’oreille à ce discours ; maisun Orateur nommé Cléophon , homme de basse naissance, & autrefois escla-ve , qui par le moyen d’une harangue avoit trouvé le secret de se faire inscri-re dans le Regître des Citoyens, détermina les Athéniens à rejetter touteproposition d’Àccommodement,& à renvoyer l’Ambassadeur fans répons 2.Ce fut-là le dernier pas qu’ils firent vers leur ruine, & l’occasion de refu-ser la Paix ne leur fut plus jamais offerte. Leur aveuglement alloit au point,qu’ils s’imaginoient qu 'Alcibiade seroit toujours victorieux, & que la Fortu-