SecnoN
I.
Histoireies Athé-niens.
534 HISTOIRE DES ATHENIENS.
Flotte, étant résolus d’attaquer Athènes une seconde fois de tous côtéscomme la plupart des Etats de la Grèce le soupçonnoient d’annexer cetteRépublique à leur Couronne, ce dessein leur auroic probablement réussi sensPaufanias Roi de Sparte , dont la jalousie contre LyJandre fit manquer l’en-- treprise, Dans cette vue il fit lever contre les Athéniens une seconde Ar-mée, s’en fit donner le commandement, & î’employa à assiéger 1 ePyrée.Durant ce siège, qu’il ne faifoit que pour la forme, il entra en correspon-dance avec Thrasybule , & l’informa secrettement des propositions qu’il de-voir faire pour contraindre les Lacêdémonìens ai étoient suspects à tous leursAlliés, à donner la paix aux Athéniens (a).
Les intrigues de Paufanias eurent tout le succès qu’il pouvoit en attendre;ses Ephores , qui etoient dans son Camp, entrèrent dans ses mesures, desortcqu en peu de ternis le Traite fut conclu aux conditions suivantes. Que tousles Citoyens à'Athènes rentreroient en possession de leurs maisons &de leursprivilèges, hormis les Trente, les Dix qui leur avoient succédé & quin>voient pas gouverné moins tyranniquementqu’eux, & les Onze qui du tefflSde l’Oligarchie avoient été établis Commandansdu Pyrite. Qu’on n’inquiète-roit plus personne sur le passé, & que si quelqu’un ne sefioitpas à cet accord,il lui étoit libre de se retirer à Eleusis. Paufanias se retira avec l’Armée Lacé-démonienne,& Thrasybule entra à la tête des siens dans Athènes, ou ils offri-rent, avec le reste des Citoyens, un sacrifice dans le Temple de Minerve , aprèsquoi le Gouvernement Démocratique fut rétabli. Cependant la tranquillitépublique se trouva encore exposée à de nouveaux orages. Ceux qui s’étoientretirés à Eleusis , songèrent à lever une Armée d’Etrangers, pour se remet-tre cn pofícíìîon dc leur sutoricé^ rnais avcint cjug dc tenter cette vole il®crurent devoir envoyer à Athènes quelques Emissaires, chargés de cultiverses liaisons qu’ils avo:ent dans cette Ville avec leurs anciens Amis, & dssemer parmi les Citoyens le plus de jalousie & de discorde qu’il leur seroitpossible. Ces derniers ayant bientôt démêlé i’intention de ces artisans detrouble, les mirent à mort,L remontrèrent ensuite à ceux d’ Eleusis, q necomme ces animosités ne pouvoient finir que par leur perte, ou par cellede leur Patrie, ils leur oftroient de dresser & de confirmer par serment unActe d oubli pour tout le passé. Cette proposition ayant été acceptée, ceuxqui s’étoient retirés revinrent à Athènes , où tous les différends furent ter-minés . les deux Partis ayant observé religieusement les conditions qui leuretoient impoíees. On ne sauroit trop admirer la conduite que Thrasybule t! slten cette occasion. Quand il se fut rendu maître de la Forteresse de Phyti*les Tyrans lui hrent secrettement offrir de Je recevoir parmi eux à la p! aCÊde Théramène, cfc de pardonner à douze personnes qu’il voudroit nommer:mais il eut la générosité de répondre, que son exil lui faifoit plus d’honneurque toute 1 autorité qu on pourroit lui accorder à de pareilles conditions ;& en persistant dans son dessein, il acheva, comme nous lavons vu. la dé-livrance de son Pays : délivrance bien glorieuse, puisqu’au rapport d 'Jfocrate,Jes I yrans firent mourir 1400 Citoyens fans forme de procès & qu’ils enbannirent 5000, pour ne rien dire de la parc qu’ils eurent, suivant quel-
(a) Xeaophon L, n. Diodor. Sicul. L. XIV. p. 414. Tliitarch. Corn. Nep. Justiu. ubilup. L. V. C. p. io. r