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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Cn. XVIII. 535ques-uns, à la mort d Alcibiade, quoique ce Grand-Homme fût bien loind'eux *. Vers ce même rems, c'elì à-dire, un peu après que le Gouver-

* Nous parlerons dans cette Note des malheurs Alcibiade , qui rendit fes plus grandsservices à fa Patrie, & qui auroit fait bien davantage encore pour elle, si f impatience &lingratitude de fes concitoyens ne lavoient pas mis hors d'état de les servir. Plutarquenous apprend quon le dépouilla de son emploi, non à cause de quelque faute quil eutcommise, mais parce quil navoit point fait tout ce que les Athéniens avoient espéré de lui.Le succès de fa prémiêre expédition les avoir enivrés au point quils simaginoient quil netenoit quà lui de réussir dans tout ce quil voudroit entreprendre, quoique fes Vaisseauxfussent mal pourvus de tout, & fes Soldats fans paye. Quand il fut parti pour lIle de Cìiio& pour YIonie, ils croyoient que les prémiéres nouvelles qui leur viendroient de ces Pays,feraient ostì Alcibiade en avoir fait la conquête ; mais fe trouvant trompés dans leur attente,ils le prirent en haine, & lui surent mauvais gré de navoir pas fait liinpossible. A la foliegénérale de fes concitoyens fe joignit fenvie particulière de quelques-uns des principauxdentre eux. Thrafybule conçut de laversion pour lui, & la plupart des dix Généraux quifurent les victimes de la fureur du Peuple , tâchèrent de détourner cette fureur fur lui; cequ 'Alcibiade neut pas plutôt remarqué, quil se retira, conformément à son ancienne maxi-me, Qu'il fallait être fou pour fe défendre contre une accusation à laquelle on pouvait fe déroberPar la fuite. Dans son expédition de Tlïrace il se servit de ceux qui lui offrirent leurs servi-ces, & le fit dans des intentions qui ne pouvoient que lui faire honneur; prémièrement, poursaííurer une retraite ; & en second lieu, pour garantir les Villes Grecques cjuì étoient dansson voisinage, des insultes de ces Thraccs, qui, nobéissant point au Roi, ne consultoientque leur intérêt, & fe faisoient une règle dattaquer tous ceux qui nétoient pas en état de fedéfendre. Après la destruction totale de la Flotte Athénienne , & la retraite de Canon à Cy.pre , Alcibiade ne fe crut plus en fureté dans fa Forteresse} car les Lacédémoniens, fes an-ciens ennemis, étoient devenus assez puissans pour pouvoir trouver quelque occasion de ver»,ger fur lui les défaites quil leur avoir lait essuyer: cest pourquoi il fe retira dabord en Bithy-nie ; mais comme il ne sy croyoit pas encore bien à couvert du ressentiment de ses ennemis,il alla trouver Pharnabaze, qui le reçut avec une extrême civilité, & même, îi ce quil croyoit,avec la plus sincère amitié. Toutes les espérances des Athéniens, dans le tems du cruelgouvernement des trente Tyrans, étoient fondées fur Alcibiade : ils connoiífoient son a-mour pour fa Patrie, & ne doutoient pas quil ne fît tous fes efforts pour la délivrer. Cé-toit lidée des Tyrans mêmes, & particulièrement de Critias leur Chef, qui avoit été fouplus intime ami, & è la réquisition duquel avoit passé le Decret du rappel àAlcibiade.Mais la fureur de dominer romt tous les liens, tant du sang que de lamitié. Celui qui a-voit eu pour lui la plus sincère affection, devint l'on ennemi mortel, & fit dire à Lyfan~dre, qaAthènes ne fcroit jamais tranquille, ni Sparte en fureté, tant quAlcibiade feroit euvie. Le Général Lacéâémonien, ne voulant pas fe déshonorer par un assassinat, reçut cemessage avec le mépris quil méritoit ; mais Critias sétant adressé au Magistrat de Sparte, fitdonner à Lysandre des ordres quil fut obligé de respecter. Pour cet effet il envoya un mes-sager à Pharnabaze, qui remit le Crin de cette affaire à son frère Magaas, & à son OncleSufatnithres. Alcibiade demeurait alors dans un petit Village en Phrygie , avec une Maîtres,fe nommée Timandre. En dormant il eut le songe suivant. II se vit lui-mêtne vêtu des ha-bits de fa Maîtresse, qui, le tenant entre fes bras, le coëssoit & lui fardoit le visage com-me Sii eût été une femme. Dautres disent, quil songea que Magceas lui coupoit la tête,& faisoit mettre son corps fur un bûcher; & lon prétend que ce fut peu de tems avant semort quil eut ces visions. Ceux quon envoya pour le tuer, nayant pas eu le courage den-treroù il étoit, fe contentèrent denvironner la maison , & dy mettre le feu. Alcibiade é-tant sorti à travers les flammes, le bras gauche enveloppé de fa robe, & f épée dans la maindroite, les Barbares noférent lattendre ; mais tous, en fuyant & en reculant, laccablérens:de dards & de flèches. Quand il fut mort, les Barbares fe retirèrent. Timandre alla ramas-ser sou corps, & layant enveloppé & couvert des plus belles robes quelle eut , elle lui ftdes funérailles aussi magnifiques que létat de fa fortune présente le permettoit. Elle le fitenterrer dans la Ville de Mélisse ; & nous apprenons $ Athénée, que le Monument fubsistoitencore de son tems, puisquil le vit de ses propres yeux. LEmpereur Adrien fit placer 1»

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I.

Histoiredes Athé-niens.