Section
I.
HiSloiredes Athé-niens.
536 HITOIRE DES ATHENIENS.
nement Démocratique eut été rétabli à Athènes , Socrate fut condamné &mis à mort. Ce Philosophe n’étoit pas seulement tel de nom, mais auífld’effet, ayant fait paroître, non seulement par ses discours, mais auflì p«rses actions, la plus admirable sagesse. Comme Homme de guerre, il s’étoictrouvé à plusieurs combats, dans un desquels il sauva la vie à Alcibiadejdans un autre combat, il emporta un de ses amis qui étoit blessé; & dansun troisième, il marqua autant découragé ôt de conduite que les Générauxles plus expérimentés. Dans toutes les campagnes qu'il fit, il fe distinguapar fa patience à endurer toutes sortes de fatigues, par fa promtitude àexécuter ponctuellement tout ce qui lui étoit commandé, &par la douceur& la facilité de ses mœurs; car quoìqu’il fût très sobre, il ne refusoit ce-pendant pas de se trouver à quelque festin, & de boire à peu près com meles autres- 11 ne voulut se mêler des affaires d’Etat que quand il fut par-venu à un âge assez avancé, &fut alors choisi par fa Tribu pour êtreMembre du Sénat. II s'opposa, comme nous savons dit, au jugementrendu contre les Généraux, pour n’avoir pas fait enterrer les morts, quoi'que ce jugement eût été sollicité par Théramène, qui étoit de ses amis-Quand il fut question de mettre la sentence par écrit, comme il y étoitobligé par sa charge, il dit qu’il ne savoit pas bien les termes de la Loi ,& à la fin il le refusa absolument. Dans la fuite il s’employa'en faveurde Théramène , quand ce dernier fut accusé par ses collègues. Aprèsla mort de cet ami, Socrate continua à dire librement ce qu’il pensoit, cequi donna quelque ombrage aux Trente, qui l’épargnérent néanmoins,à cause que Critias étoit son intime ami. Parlant un jour à Antiflhène deplusieurs Grands-Hommes qui venoient d’être mis à mort par ordre de®Trente: „ Avez-vous regret, lui dit-il, que nous n’ayons rien fait de me-„ morable,ni qui puisse être comparé à ce qu’ont fait ces Monarques cé-„ lébrés dans les Tragédies, comme Atrée, Thyejìe , Agamemnon & Egijlhe?„ Dans ces Pièces, on les décapite, ou leur donne à manger la chair de„ leurs en fans, & leur fin est sûrement tragique; mais aucun Poëten’a ja-„ mais eu la hardiesse de mettre sor le Théâtre la mort d un Pourceau"-Un jour, dans une conversation publique, il s’expriina de la manière fui'vante : „ Il y auroit bien peu de sincérité à un Berger qui verroit son Trou*„ peau empirer & diminuer de jour en jour par fa faute, & qui cependant„ ne voudroit pas avouer qu’il est un mauvais Berger: mais il y auroit mom 5„ de sincérité encore au Gouverneur d’une Ville, qui verroit ses Citoyen 5„ fondre à rien, & refuserait néanmoins de reconnoitre qu’il est un mauvais
Gou'
V
Statue d 'Alcibiade fur son sépulcre, & ordonna qn’on lui sacrifiât annuellement un Taures*Ephore l’Historien, cité par DioJore de Sicile, rapporte tout autrement les circonstancesfa mort. II dit qa' Alcibùide ayant démêlé que Cyrus le jeune a vol t deíîêin de prendre Karmes, en informa Phamabaze, & pria ce Seigneur de mander la chose au Roi ; mais qrtePharmbaze, lui enviant l’honneur de cette découverte, envoya en Lotir un de ses cotm-dens, pour en avoir seul le mérite. Alcibiade, soupçonnant ce qui se passoit, se rendit c 11Paphlagonie , & tâcha d’obtenir du Gouverneur de cette Province des Lettres de créance pou sle Roi; ce que Phamabaze n’eut pas plutôt appris, qu’il loua des aílaifïns pour le tuer. AI*(ibiaile étoit dans fa quarantième année, quand il fut aslàffiné (i).
fi) Plut, in vit. Aleib, Diodor, sisal, L. XIV, Coin, Nep. m yi t , Alcib. Athen. in Deipn 0 **