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Histoiredes Aihé -. mens.
Annéeaprès leDéluge2643. Avant T. (35 < 5 -
550 HISTOIRE DES ATHENIENS.
que leur dessein fut su des Athéniens , ils envoyèrent Charès avec une Arméede terre pour assiéger Chio, pendant que Chabrias , (qui, suivant Diodore,étoic déja mort depuis longtems) devoit bloquer la Place par mer. CornéliusNepos , qui a écrit la vie de ce Général, dit qu’il ne servoit que commeParticulier dans cette expédition, pais que les Soldats & les Matelots,ayant meilleure opinion de son habileté que de celle de leurs Généraux, J eforcèrent en quelque façon à prendre en main le commandement. La dé-férence qu’il eut pour eux en cette occasion, lui fut fatale,* car ayant force. l'entrée du Port, il y entra malgré l’efforc des Ennemis. Les autres Galères" n’osérent pas l’y suivre, & l’abandonne'rent. 11 fut bientôt enveloppé <sotoutes parts,& son Vaisseau percé de coups. Cependant il n’auroit tenuqu’à lui de se sauver à la nage, comme firent ses Soldats: mais préférantune mort glorieuse à une honteuse fuite, il continua à combattre jusqu’à c equ’il fut tué.
Les Athéniens , si nous en croyons l’Auteur qui vient d’êrre cité, dou-tant qu’avec une Flotte de 60 Galères Charès pût dom ter les Alliés, en ar-mèrent encore 60 autres, fous le commandement à'Iphicrate & de Timoth^squ’ils revêtirent tous deux d’une égale autorité. D’un autre côîé, sos Al-liés équipèrent une Flotte de 100 Galères, qu’ils employèrent à infesterltnbros & Lcsìrn, prenant tous les Vaisseaux qu’ils rencontroient, & levant de§contributions par-tout où leurs Troupes mettoientpié 3 terre, desorteq<f’ JÍne leur en cou ta rien pour entretenir leurs Armées & leurs Flottes. Ils assié-gèrent dans la fuite Samos par mer & par terre. Les Généraux Athéniens spour les obliger àquiter cette entreprise, mirent le siège devant Byzance,®,parvinrent par-là au but qu’ils se proposoient, les Alliés ayant d’abordi^Je siège de Samos , & pris la route de Byzance. Etant arrivés devant le Port *ils défièrent les Athéniens au combat; mais comme dans ce tems là mêm e !s’éleva une violente tempête, Timothée & Iphicrate jugèrent qu’il y aur° lCde l’imprudence à en ventraux mains, quoique Charès le demandât inst^'ment. Ce dernier, n’ay an t pu obtenir ce qu’il souhaitoit, fit porter accusasà Athènes contre ses collègues, que le Peuple, irrité de ce qu’ils avoientéchapper une occasion favorable de combattre, condamna à une atnen^'Timothée , étant hors d’état de payer son amende, se retira à Chalcide, oí ?il mourut de chagrin. Telle fut la fin du fils de Comn, homme raressi ulne le cédoit à son Père, ni en habileté sliilitaire, ni en amour pourssiL 3 'trie. Les Athéniens , ayant appris fa mort, réduisirent l’amende à dix t* 1sons, qu ils firent payer à son fils Canon , pour réparer ces mêmes murs q 0son Grand-Pere avoit bâtis. Philippe de Macédoine, durant ces entreso’^t’prit Pydne, qu il céda dans la fuite aux Olynthìens, après quoi cePri slCe ,rendit aussi maître de Potidée, qui avoit été fi longtems entre les mains eAthéniens , & dont la situation leur étoit d’une utilité infinie, quand ilsoit de faire la guerre en Thrace. , ,
Charès n’ayant plus personne qui pût le contrequ2rrer, s’engagea této*rairement dans une entreprise difficile, par laquelle il s’imaginoit p° uV ,rendre un grand service à fa Patrie. Pharnabaze s’étant révolté contre sRoi de Perse , se trouvoit investi par une nombreuse Armée. Pour se IJs£
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