HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Cií. XVIII. 551
de cet embarras, il débaucha Charès , qui, ne songeant qu’à «'enrichir, mar- Sectioncha aussitôt à son secours, «St, après a voir joint ses Troupes avec celles du 1.Satrape, le dégagea, & défit entièrement Ls Généraux du Roi. Les Athé- Histoiretiens, à leur ordinaire, frappés des premières nouvelles de cette victoirevantèrent Charès comme un grand Patriote; mais quand dans la fuite Je niens ’
Roi de Perse ft des plaintes par ses Ambassadeurs ,& menaça de se vengerdu procédé de Charès en donnant du secours aux insulaires soulevés contreAthènes, faction du Général fut traitée de crime capital ; & la Képubli*que, intimidée par les menaces du Roi, songea à en prévenir les effets,en faisant une Paix générale. Cette Paix, qui termina une Guerre de qua-tre ans, fit peu d’honneur aux Athéniens ( a ;.
La Guerre Sacrée survint la même année où les Athéniens firent la Paix Guerreavec les Etats qui s’étoient révoltés contre eux. Cette Guerre intéreílòit Sacrée.toute la Grèce, & particulièrement les Athéniens. Pour bien entendre ceci, ààil est nécessaire de reprendre les choses de plus haut Les Phocéens a voient ^ ès lelabouré quelques Terres consacrées à Apollon de Delphes, & furent,en pu- só/^A-nition de ce sacrilège, condamnés par les Amphictyons à une amende con- vsmt j. C.sidérable; mais au-lieu de se soumettre au jugement de cette Assemblée, 355 -qui formoic proprement les Etats-Généraux de la Grèce, les Phocéens ,ani-niés par un Orateur hardi, nommé Philomèle, portèrent l’audace encoreplus loin, & se rendirent maîtres du Temple à'Apollon, Ck de toutes lesrichesses qui y étòienr. Les Locrìens Ck les Béotiens attaquèrent les Phocéens t< 5 c donnèrent à la guerre qu’ils leur déclarèrent, le nom de Guerre Sacrée.
Les Phocéens, d'un autre côté, prétendirent que bien loind’être des sacri-lèges, Ck de s’emparer des richesses du Temple, ils avoient revendiquél’honneur de le défendre, dont leurs ancêtres avoient été en possession:mais comme ils n’ignoroient pas que leurs prétentions seroient beaucoupmieux soutenues par une Armée que par les plus beaux discours du monde,ils demandèrent du secours aux Lacédèmoniens Ck aux Athéniens, & surents’en faire des Alliés. Cette Guerre fut longue, la Fortune s’écant déclarée,tantôt pour les Phocéens , & tantôt pour les Thébains : cependant les Athéniensfurent généralement blâmés d’avoir envoyé aux Phocéens d’aussi puissans se-cours qu’ils firent, les ayant assistés en une feule fois d’un Corps de 500aFantassins «Si de 300 Chevaux; car la principale raison qui les portoit à enagir ainsi, étoit la haute paye que leurs Troupes recevoient. Or comme l’ar-gent qu’on leur donnoit, provenoit de ía vente des choses consacrées dans leTemple de Delphes , on regardoit comme une chose infâme de tirer de pareilargent, & cela pour défendre des sacrilèges» Mais, pour dire le vrai ,les Athéniens avoient beaucoup dégénéré de ce qu’ils avoient été autrefois:changement, dont ce que nous venons de dire, peut servir de preuve; carquoiqu’il soit indigne d’un Peuple sage «Si libre, de se jetter, comme lesAthéniens avoient fait autrefois, dans les superstitions les plus grossières &les plus cruelles, on avoit toujours regardé comme une marque certaine dela dernière dépravation, quand un Peuple perdoit touc sentiment de Reli-ss) Diodor. Sicul. L. XVI. Plutardi. io Ágesil, Corn. Nep. iu Tiraòth. Justia. ubi íuo.