Section
I.
Histoiredes Athé-niens.
sêo HISTOIRE DES ATHENIENS.
Elcens , les Lacédétnnniens , & quelques autres Peuples d u Péloponnèje , tin*rem tous le même langage, & résolurent de secouer lejougqueiesMîcéí/a*niens leur avoient imposé : ils promirent aussi à Atíalus, Oncle à’Alexandrequi aspiroit au Trône, de favoriser ses prétentions j desorte que si le fils dePhilippe avoit été réellement tel que les Orateurs Athéniens affectoientdeledépeindre, il lui auroit été impossible de faire tête à un grand nombred’Ennemis; mais ce Prince, bien loin de perdre courage, commença pa fprendre séance dans le Conseil des Amphitryons ,où il se fit reconnoîcre Gé-néral de la Grèce. Immédiatement après, il se rendit,à la tête d’unepuis*santé Armée, devant Thèbes , prit cette Ville, & l’abandonna au pillage»ce qui répandit une telle frayeur parmi les Confédérés, que personnen’os*lui résister. Pour ce qui est des Athéniens ,i\ refusa de les recevoir en grâce»à moins qu’ils ne lui livrassent Dèmojthène suivant quelques Ecrivains,encore neuf autres de leurs Orateurs (a). II y a des Auteurs qui ne fixent cedernier nombre qu’à sept. Le Peuple , consterné à l’ouïe de cette propos'tion, ne favoit que répondre. A la fin on manda Phocion pour savoir foOavis, qu’il donna en ces mots, Les hommes ^'Alexandre vous demande »font ceux-là mêmes qui vous ont mis dans le cruel embarras où vous êtes : em-barras fi cruel, que s'il me demandoit nom Ami Nicoclès, je vous conseilleraisde le livrer, tout innocent qu il est. Pour ce qui est de ma propre vie, jedonnerais volontiers, fi elle pouvoit vous tirer de peine ; car c'est me chose q uítne perce le cœur, de voir que ceux qui ont été les témoins de laruine de Thèbes,ne puissent pas même espérer de trouver ici un azile : cependant je crois qu’il tfiplus de notre intérêt d’appaiser le Vainqueur à terns, (fi d.'intercéder pour ItSdeux Villes, que de hazarder une autre bataille. Dèmojthène se contenta dSrépondre: Les Loups demandèrent un jour aux Brebis, que pour avoir lapai 11avec eux elles leur livrassent les Chiens qui les gardolent. Le torrent cepe sl "dant étoit trop fort, & Démojìhène fut obligé de s’y laisser aller. Le pré'mier Decret que les Athéniens passèrent pour faire la Paix, & qu’ils envoyé'rent à Alexandre, fut reçu avec le dernier mépris par ce Prince, qui USdaigna pas même s’informer en quoi il consistoit, mais tourna le dos atiXAmbassadeurs, comme étant indignes de ses regards; mais quand Phocio «vint lui présenter le second Decret, il le reçut fort honnêtement, & lui ac-corda non seulement sa demande,mais écouta aussi ses avis, & eut nsêM ela bonté de lui dire à son départ: Que vos Athéniens prennent garde àear je me trompe, ou ils font le seul Peuple qui mérite de commander. L’aufiti equ* Alexandre contracta avec ce Général, ne fut, ni rompue, ni diícon^*nuée durant l’expédition de ce Conquérant en Afie\ au contraire, il lui é'crivit fréquemment, lui offrit de grands présens,& même le choix de q 1 ? 3 *tre Villes. Une preuve plus marquée encore du cas qu’il en fassoit »fut que dans le tems qu’il ne se servoit plus dans ses Lettres , de la for^ u 'le, Alexandre à tel ou tel Salut, il ne laissa pas de la mettre à la tête desLettres qu’il écrivoit à Phocion & à Antipatcr, comme s’ils avoient étéses égaux. Quand ce Conquérant eut besoin de Galères pour fa Flo tte ’ **envoya demander celles qui lui avoient été promises par les Athéniens-Orateurs, à leur ordinaire, voulurent faire rejetter cette demande» cotst-
(s) Voyez Tora. VI. p. 9.