HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Cil XVIII. S 6 ime injurieuse à leur Liberté. Phocion , consulté sur ce sujet, répondit qu’ii é- Sectiontoit d’avis qu’on fît partir les Galères fur le champ; car, ajouta-til,y«y^«’à ce I.que vous puijjìez vous mettre vous-mêmes à la tête de la Grèce, il vous convient Histoired’être amis de ceux qui occupent ce pofte. Harpalus ^ un des Généraux à'Alexan- des Atht.dre , ayant manqué à son devoir à plusieurs égards, & craignant le ressentiment niem 'de ce Prince, s’enfuit avec d’immenses trésors, qu’il avoit pillés en AJìe. A- '
thènes fut la Ville qu’il jugea la plus propre à lui lërvir de retraite. II s’y ren-dit dans cette idée ,& apporta son butin avec lui, ne doutant pas qu’il ne s’yfît des amis, puifqu’il avoit de quoi en faire. La plupart des Orateurs vin-rent d’abord le trouver , pour savoir en quoi ils pourroient lui être utiles,
& à quelles conditions. Pour ce qui est de Dêmojtliène , il fit une harangue,dans laquelle il conseilla ma Athéniens de renvoyer Harpalus. ^ qui tout bienexaminé ne valoit guères mieux qu’un voleur, & de ne pas avoir l’impru-dence de jetter leur Ville dans une guerre pour un très injuste sujet : maisquelques jours après Harpalus , comme on faisoit l’inventaire de ses biens,s’étant apperçu que Dêmojtliène prenoit plaisir à considérer une coupe duRoi, il le pria de la soupeser, pour juger lui - même du poids de l’or. Dé *tnojlbène l’ayant prise demanda combien elle pesoit: Pour vous , dit Harpalus ,elle peut bien être de vingt talons ; & le soir même il la lui .envoya. Le lende-main Dèmojìhène sc rendit à l’Assemblée , le cou bien enveloppé de lainesde bandelettes. Le Peuple lui ordonna de parler ; mais il le refusa, faisantsigne qu’il avoit une extinction de voix. Quelques Plaisons dirent que ro-tateur avoit été surpris la nuit, non d’une cjquinancie , mais d’une argyrancie.
Harpalus sovoit bien que Phocion scroit beaucoup plus difficile à corrom-pre ; c’est ce qui le détermina à lui envoyer jusqu’à 700 talens ; en ajoutantqu’il pouvoit outre cela disposer de sa personne K de ses biens : mais Pho-eion parla avec le dernier mépris a ccux qu’Harpalus avoit chargés de cetteCommislîon, avec menace de ne s’en pas tenir aux simples paroles, s’il çon-tinuoit à corrompre ceux qui avoient quelque pouvoir fur le Peuple. Quandl’affaire fut portée la dernière fois devant l'Assemblée , ceux qui avoientreçu de l’argent d 'Harpalus , furent, pour mieux cacher leur jeu , les pre-miers à l’insulter ; au-lieu que Phocion marqua être si sensible à son malheur,se traita avec tant de douceur, que ce misérable eut la hardiesse de lui°ffrir de l’argent pour la seconde fois, mais inutilement. A la si n Athé-
niens chassèrent Harpalus de leur Ville, & ordonnèrent à l ’Aréopage d’infor-*her contre tous ceux qui s’étoient laissés corrompre. Ce Conseil examinaj affaire, & condamna en particulier Dèmojìhène à une amende de 50 ta-' 6 ns, pour le payement desquels il fut mis en prison ; mais il trouva^oyen de s’en échapper, & sc retira à £gsoe,oùilresta juíqu’après la mortAlexandre , qui arriva peu de tems après ( a ).
Ce grand évènement donna une nouvelle face aux affaires de la Grèce.j-es Athéniens avoient été fort irrités contre lui,pour avoir voulu leur en-Wer Samos , dans le dessein d’en remettre en possession les anciens habitans;
3 U 1 ÎÌ quand AJclépiade , fils d ’Hipparque, porta à Athènes les prémières nou-illes de cette mort, le Peuple accourut aussitôt au Marché , ou plusieurs
(«I Diodor. Sicul. L. XVII. Plut. in vit. Demosth. & Phocion, Justin. L. XI. & XII.
Tome IV. Bbbb