HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Ch. XVIII. 5S5veut rien recevoir , quelques services qu’il me rende; & le second n est j a- Sectíonmais content , quelque chose qu il reçoive. Soie qu'Antipater eût cessé de fai- l.re des libéralités à cet Orateur, ou que ce dernier espérât de plus hauts Histoireappointemens de Perdìccas , ennemi mortel à" Antipater, toujours estiJcer . (lc jtain qu’il entra en correspondance avec Pcrdiccas , & le pressa de venir nim ’promtement se rendre maître de la Grèce de la Macédoine, qui ne tenoit ,disoit-il dans une de ses Lettres, qu à un filet , b encore à un filet vieux &pourri, parlant d’ /lntipater. Cette Lettre fut interceptée dans le tems mê-me que Dérnade & son fils Dêmias sollicitoient Je rappel de la Garnison.
Antipater ordonna que le fils fût mis à mort, non feulement en présence deson Père, mais de façon que son sang rejaillît sur lui. Après quoi Dimadelui-même eut le fort que son fils venoic d’éprouver, Pour ce qui est des A-théniens, il ne leur resta plus la moindre espérance de voir finir leur misère (a).
Après la mort d 'Antipater, il s’eleva deux Factions en Macédoine. A la Caíîàndre’tête de l’une étoit Polyspherchon, Régent du Royaume & Gouverneur àe f* rend mai*Macédoine. Cassandre , fils á'Antipater, étoit à la tête de l’autre. Ce der-nier envoya immédiatement après la mort de son Père, Nicanor , Olfi-cier expérimenté & habile , pour commander la Garnison à’Athènes, après iePhocion avoit de fréquentes conversations avec ce Commandant, dans la Délugevue de le portera traiter les Citoyens avec douceur, & à laisser le Go u ver- 2ÍÍ 3 ,, T A 'nement fur le pié où il l'avoit trouvé. Polyspherchon , d’un autre côté,fou- ^ J'haitant d’enlever les Villes Grecques hfan rival Cassandre, fit publier au nom 3du Roi un Decret, par lequel elles étoient toutes remises en liberté, & enparticulier la Ville d 'Athènes, dont la Garnison eut ordre de se retirer surle champ, & dans laquelle le Gouvernement Démocratique devoit être ré-tabli. Cette proclamation fit son effet, & produisit un désordre incroyable.
Nimor refusa d’obéir au Decret ; & Phocion , qui avoit de grandes liaisonsavec ce Commandant, fut accusé par le Peuple d etre traître à son Pays ,comme si un simple Decret, que Nicanor ne refpectoit pas, eût suffi pourrendre la Liberté à sa Patrie. Peu de tems après Polyspherchon vint avec unenombreuse Armée en Attique , ou du moins fur les frontières, où Phocion ,accompagné de quelques Députés à'Athènes qui dévoient être ses accusateurs., i
lui fut amené. Polyspherchon, ne voulant pas démentir le Decret qu’il avoitfait publier, renvoya Phocion & ses amis enchaînés, avec ce message, Quequoiqu ilfût convaincu qu ils étoient des traîtres , il lai/soit aux Athéniens, com-me à un Peuple libre, le droit de le s juger. On convoqua fur le champ f As-semblée; & auffi-tôt qu’on eut fait silence, Phocim demanda si le Peuple a-Voic dessein de le juger suivant les formes prescrites par la Loi. QuelquesVoix ayant crié qu’oui, Phocion dit: Comment cela se peut-il, puisqu il n ya pas moyen de se faire entendre ? Mais remarquant par les clameurs duPeuple, qu’il se flatteroit envain d’obtenir quelque attention,il prononçaà haute voix ces paroles: Pour ce qui csl de moi, je confesse le crime dont oh'C accuse , & je me soumets à ce que k Loi décide fur ce Jujet : mais considérez ,à Athéniens ! quelle injujlice ceseroit d'envelopper dans ma calamité ces hommes ,qui n'ont eu aucune part à-mon crime . Le Peuple s’écria alors, Ils font tes
O) Diodor. Sicul, L. XVIII. Plut. in vrt. Demosth, & Phocion. juíllu. L» XXVL
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