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I.
Histoiredes Athé-niens.
S66 HISTOIRE DES ATHENIENS.complices , b cela suffit . On lac ensuite le Decret, par lequel ils étoienttous condamnés à perdre la vie, savoir, Phocion , Nìcoclès, Theudippe , ■»'gamon & Pythoclès. Ils étoient préscns; Dèmêtrìus de Phalère , Callimedoti ,Cbariclès, & quelques autres, furent condamnés en leur absence. II S . en.trouva qui proposèrent de mettre Pbòcion à la torture avant que de le fairemourir, & même de lui donner la queítion en pleine Assemblée. Cepen*dant la pluralité décida qu’il suffisoit de lui ôter la vie, & le Decret enpassa unanimement. Quelques Athéniens mirent des guirlandes de fleurs endonnant leurs voix. Quand il fut arrivé à la prison, quelqu’un de ses anuslui ayant demandé s’il avoit quelque chose à mander à son fils: Oui certes ,dit-il; c est d’oublier de quelle manière les Athéniens ont traité son Père.
Les ennemis de Phocion, peu contens du supplice qu’ils lui avoient faitsouffrir, firent ordonner par le Peuple, que son corps scroit porté hors duterritoire de Y Attique , & qu’aucun des Athéniens ne fourniroit du feu poU shonorer ses funérailles d’un bûcher. Un Entrepreneur de Campe prit s° ncorps & le transporta á Eleusis , où il emprunta d’une Femme Mégaréenneun peu de feu, pour réduire le corps en cendres. Une Dame du Pays q ulassista par hazard à cette cérémonie avec Tes servantes, lui éleva dans cemême endroit un Tombeau vuide ; & ayant ressemblé ses os, elle les port^dans fa maison , & les enterra fous son foyer, en lui adressant ces parolesCher & sacré foyer, je te confie je mets en dépôt dans ton sein ces p re "cieux reftes d’un homme de bien. Conferve-les fidèlement pour les rendre anjour au tombeau de ses ancêtres , quand les Athéniens seront devenus plussa^f "
Les Athéniens reconnurent, quelque tems après fa mort, la faute qu iavoient commise. Iìs se rappellérent les services importuns que Phocion l eliravoit rendus, élevèrent à son honneur une Statue de bronze,enterréren thonorablement ses os aux dépens du Public, & passèrent une sentence demort contre ses accusateurs. Agnonide , qui étoit un des principaux, p®j'dit la vie: mais Epicure & Hémophile se sauvèrent à teins; cependant 1tombèrent entre les mains du fils de Phocion, qui leur fit éprouver les j u ^ eeffets de son ressentiment ; ce qui fut presque la seule action considéraiqu’il fit, n’ayant qu’une très petite portion des talens de son Père, & P 2une de íes vertus.
Caffiandre, souhaitant de profiter du trouble qui règnoic à Athènes ,e nt •dans le Pyrée avec une nombreuse Flotte, & par le moyen de Nicanor s°ieommandoit dans la Citadelle, il réduisit les Athéniens à de si terrible 5 ?trémités, qu’ils furent charmés de sc soumettre aux conditions, qu’il rctroit une Garnison dans la Citadelle, & que la Ville scroit gouvernée par q u ®ques Citoyens qu’on nommerait. En exécution de ce Traité, Cassandrsmit presque toute l’autorité entre les mains de Dèmétrius de Phalère jss?me d’une naissance distinguée puifqu’il descendoit de Conon, & très ric »mais dont ni les richesses, ni la naissance,n’égaloient en aucune mamla vertu. II avoit étudié sous Thèophrasie, & avoit appris de ce PhiIoj°P ^à penser L à agir. 11 traira les Athéniens avec toute la douceur posoble,se servit de ce pouvoir, que tant d’autres auroient employé à leur avant 8.particulier, pour exécuter en faveur des Athéniens des choses qu’il 5 s<voient pas faites, dans le tems,qu’ils étoient encore leur propres watt