HISTOIRE DES LACEDEMONIENS. Liv. I. Ch. XIX. 577vant être faits qu’à coups de hache, & leurs portes uniquement à J’aided’u- Histoirene scie. Pour leurs ustenciles, ils étoient entièrement les mêmes chez tous f s Lacé ‘les Citoyens, afin de prévenir le luxe. démontent,
La troisième Table comprendra les Loix concernant les Citoyens. Pré*mièrement, leur nombre devoit égaler exactement celui des portions danslesquelles la Ville avoit été divisée ; & s’il arrivoit qu’il y en eut davan-tage , ce surplus étoit employé à former des Colonies. Les Loix au su-jet des Enfans, avoit quelque chose d’injuste & de cruel ; car, dès-qu’unfils étoit né, le Père étoit obligé de le porter dans un endroit marqué, oùles hommes les plus graves de fa Tribu examinoient l’enfant; que si, a*près cet examen, ils le trouvoient sain & bien fait, ils le rendoient à sonPère pour être élevé; sinon, on le jettoit dans une caverne, qui étoit aupié du Mont Taygète. Cette Loi, barbare en elle-même, ne laissa pas deproduire un bon effet, en rendant les femmes, pendant qu’elles étoientenceintes, soigneuses de ne donner dans aucun excès qui pût nuire à leurfruit. La même cause fit aussi que les Nourrices Lacédêmoniennes furentrecherchées dans la fuite par dessus toutes les autres de la Grèce. Les E-trangers ne pouvoient pas faire un long séjour à Sparte , Lycurgue ayantjugé que leur commerce ne manqueroit pas à la longue de corrompre lasimplicité des mœurs des Spartiates. Par la même raison il étoit défenduaux Citoyens de voyager, à moins que le bien de la République ne le de-mandât. Ceux qui dans leur jeunesse n’avoient pas été élevés suivant lesLoix , ne pouvoient jouir d’aucun des privilèges de la Ville , parce qu’iln’étoit pas raisonnable que quelqu’un, qui n’avoit pas été soumis aux Loixdurant fa jeunesse, en tirât quelque avantage, étant devenu homme. Onne conféroit jamais d’emploi public à un Etranger; mais quand on croyoitavoir besoin d’employer quelqu’un qui n’étoit pas né Sujet de la Républi-que, on commenjoit par l’aggréger au nombre des Citoyens , après quoion lui donnoit le poste qu’on jugeoit lui convenir.
Nous comprendrons fous une quatrième Table les Loix touchant le Ma-riage. Le Célibat pour les Hommes étoit réputé infâme, A puni d’une fa-çon extraordinaire ; car, prémièrement, le vieux Garçon étoit obligé dese promener au cœur de l’hiver fur la Place publique : secondement, en sepromenant il devoit chanter une chanson satyrique contre lui-même : A,en troisième lieu, on ne lui rendoit aucun des honneurs qu’on payoit fanscela à ceuxd’un âge avancé ; parce qu’il n’étoit pas raisonnable que les jeu-nes gens témoignassent des sentimens de vénération à des hommes qui a*voient résolu de ne point laisser d’enfans, qui pussent leur marquer de pa-reils sentimens quand ils feroient parvenus à la vieillesse. Le tems avantlequel on devoit se marier étoit fixé aussi, & l’on intentoit une action enJustice à celui qui le laissoit passer ; ce qui avoit lieu aussi à l’égard de ceuxqui se marioient au dessus ou au dessous de leur condition. De grands pri-vilèges étoient accordés à ceux qui avoient trois enfans ; & ceux qui en a -Voient quatre, ne payoient pas la moindre taxe. On ne donnoit point dedot aux Filles, à cause que le manque de bien ne devoit pas naturellementEmpêcher un homme de suivre son panchant, ni quelque riche dot l’enga-ger à se faire violence. Quand un mariage étoit conclu & arrêté, l’AmantTome IF Dddd