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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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Histoireies Lacé-démtmienu

578 HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.commettoit une efpèçe de rapt à légard de fa Maîtresse, qui devoit être àla fleur de son âge, & capable de mettre au monde des enfans vigoureux.Les Epoux navoient pendant longtems commerce avec leurs Femmes qu®

secrettement & à la dérobée, pour quune posseffion aisée & tranquille ne*teignît pas trop promptement leurs désirs. 11 étoic permis aux Maris deprêter leurs Femmes, les Rois seuls étant exceptés de ce privilège. Nousniníìsterons pas fur quelques autres Loix des Lacédèmoniens , parce que duncôté elles ne produisirent pas ieffetque Lycurgue sen étoit promis, & <l uede Tautre elles étoient manifestement opposées à la pudeur : qualités dontles Femmes de Sparte ne fe piquoient nullement.

La cinquième Table contiendra les Loix rélatives à leur Nourriture. Lycurgue avoit eu foinquon accoutumât les Lacédèmoniens , dès leur plus test*dre enfance, à domter.leurs appétits. Pour cet effet,il avoit ordonnéauSNourrices de ne leur pas donner quelquefois toute la nourriture dont ils avoient besoin, & même de les faire jeûner de tems en tems. A 1 âge dedouze ou treize ans , on les menoit à des personnes préposées à lexamende leur éducation, & chargées dobserver sils oioient rester seuls dans l'ob"scurité, & sils navoient aucune de ces foibleffes si ordinaires aux enfans*II voulut que tous les Enfans, quelque différence quilpûty avoir entre euxpar rapport au rang , fussent élevés de la même manière , & nourris desmêmes alimens, afin quils napperçussent aucune distinction entre les P^ 11 'vres & les Riches, A quils fe considérassent tous comme égaux, &mêm ecomme frères, auxquels les mêmes portions étoient assignées, & qui, du*rant le cours de leur vie, dévoient partager le même fort. Les Jeunes-ge nSavoient seuls la permitìion de manger de la viande , ceux dun âge plus a *vancé fe nourrissant dun mets nommé la sauce noire , & de quelques lég ames. Les Garçons couchoient ensemble dans des chambres, à peu préscomme les Janissaires font en Turquie. Leurs lits étoient fort durs en été»nétant composés que de roseaux cueillis à la main fur les bords de \Eurotas}en hiver ces lits étoient plus doux, mais jamais assez pour quon pût fe fl* 1 're un plaisir dy rester longtems. Tous les Citoyens étoient obligés d emanger ensemble,& ceux qui sen abstenoient, dévoient payer une amende*Xénoplum paroit avoir démêlé mieux quaucun autre la véritable raison d®cette institution: les auties Ecrivains disent, que Tunique but en étoit d®prévenir le Luxe ; mais cet Auteur remarque que ces repas étoient aussi unEcole de Sagesse, les jeunes-gens entendoient raconter aux Viella rdles choses mémorables qui étoient arrivées de leur tems, Lt commençoif 11ainsi de bonne heure à sentir de Témulation & de Tamour pour laII étoit pareillement défendu de manger chez soi avant que de venir surpas commun, chacun avoit fa portion particulière, afin que tout so -avec gravité & avec décence.

La Sauce Noire, que les Spartiates regardoient comme le mets le plp s e fquis, étoit un mélange de sel , de vinaigre , de sang &c. & auroit ?cela même été un assez mauvais plat à notre goût. Sils étoient sobres daleur manger, ils ne Tutoient pas moins dans leur boire; la soif leur f erv° ufdunique mesure à cet égard, & jamais Lacèdèmonien. ne samufa à boire p°se divertir. Pour ce qui est de Tívresse , elle étoit réputée infime» **