HISTOIRE DES LACEDEMONIENS. Liv. I. Ch. XIX. 619
mes de Troupes Nationales, &, ce qui e'toit une chose extraordinaire, à Histoirearmer 7000 Ilotes .1 Pausanias eut le commandement en chef de toutes ces* 5 Laci -Forces, qui cependant «'empêchèrent pas Mardonius de prendre Athènes , Emmens.& de venir au devant de l’Armée Grecque pour lui livrer bataille. CetteArméeétoitd’environ 100000 hommes, au-lieu que celle des Perses aììoìt à200000, ou, si nous en croyons Diodore de Sicile , à 500000. Quand ils fu-rent arrivés dans le voisinage de Platée , il y eut une sanglante action en-tre un grand Corps de Cavalerie Persane fous les ordres de Masjììus , ôtun Corps de Grecs , dans laquelle les Perses perdirent leur Chef, & furententièrement défaits. Cependant l’Armée Grecque s’affoiblisioit de jour enjour par désertion,& celle des Perses, d’un autre côté, souffroit beaucoupfaute de provisions. A la fin Pausanîas jugea à propos de décamper, afin deprocurer de meilleurs quartiers à les Troupes. Un vieux Général Lacédémo-nicn, nommé Amompharète , s’opposa à l’sxécution de ce dessein, disant,
Que ce Jeroit un déshonneur pour des Spartiates de se retirer à la vue de T Enne-mi. Pausanias répondit en Homme sage & en grand Capitaine, Qu il n yavnit aucun déshonneur à aller camper en tel ou en tel endroit , quand on avedtde bonnes raisons pour en agir ainsi {a) Mais quand il vit que, quelque cho-se qu’il pût dire, Amompharète ne vouloir pas être persuadé, il se mit enmarche avec les Lacédémoniens ëi. les Tégèates . Amompharète , qui jusqu’alorsavoir cru que Pausanias ne l’abandonneroit pas, le voyant partir, se mit àle suivre à pas lents avec le Corps qu’il commandoit. Pausanias côtoya leshauteurs, & les Athéniens , qui obéirent exactement à ses ordres , marchè-rent dans la Plaine; le reste des Confédérés prit le chemin du Temple deJunon,où. ils étoient à couvert des attaques de la Cavalerie Persane. Pau-sanias fit alte au Temple de Gérés, qui étoit fur le sommet de la Montagnepour donner Je rems h Amompharète d’arrìver; mais à peine celui-ci eut - ilrejoint avec les siens le gros de l'Armée, que l’Avanc-garde de la CavaleriePersane commença I’atcaque avec beaucoup de vigueur (í). Mardonius avoitenvisagé ia retraite des Grecs du même œil qu ’Amompharète , c’est-à-direcomme une fuite, & par cette raison croyoit devoir se hâter, non pas decombattre, mais de poursuivre les fuyards. Cet empressement, autant quenous pouvons juger d’un fait si éloigné, semble avoir été la principale cau-sé de sa défaite; car les Perses n’ayanc observé aucun ordre dans leur mar-che, les autres Troupes, qui composoient leur nombreuse Armée , en fi-rent de-même, ce qui donna un grand avantage aux Grecs. Les Troupes-,commandées par Pausanias , n’alloient guères davantage qu’à 50000 hom-mes ; ce qui engagea ce Général à dépêcher un Officier aux Athéniens pourhâter leur marche. Les Athéniens , qui sc comportèrent en cette occasionavec toute la générosité possible, firent coût ce qui dépendoit d’eux pouraccourir à son secours ; mais les Béotiens , & quelques autres Grecs , quitenoient le parti des Perses , les empêchèrent de palier outre. Les Lacédé-moniens & les Tégèates furent donc obligés de combattre seuls contre l’Ar-
{a) Herodot, Lib. IX. Diodor. Sicul. L. XI. ( 7 ;) Herodot. L. IX Plut. in vit. Themist.
Pausan. in Lacou. & Arist. Diodor. Sicul, L. XI. Justiu. L.
II. c. 14. Corn. Nep. in vit. Pauian.
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