620 HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.
Histoire niée de Mardonius . Les Perses firent, de l’aveu de tous les Historiens, pa-in Laddi- rostre beaucoup de valeur dans cette bataille ; mais n’étant, ni fi bien ar-montens. m és, ni si bien disciplinés que les Grecs, leur valeur ne servit qu’àles me-ner à la boucherie; car, comme le remarque tiès bien Hérodote^ c’étoit lamême chose que dix Perses , ou un seul, perçassent à travers les premiersrangs des Grecs, pouvant toujours compter de trouver cTautres rangs quiles recevroient fans confusion ni désordre rdesorte que tous leurs efforts n’a-boutisibient qu’á se faire tuer , leurs Commandans n’ayant pas le talent deles mener, ni eux celui d’obéir. Cependant leur nombre & leur couragetinrent la viótoire en suspens, tant que Mardonius fut en vie. Mais dès-quece Général, qui montoit un cheval blanc,eut été tué,après avoir fait desprodiges de valeur, en combattant à la tête d’un Corps de 1000hommes,les Perses se sauvèrent en désordre, ce qui découragea toutes les Nationsbarbares, qui imitèrent leur fuite fans avoir imité leur bravoure. Les A-thênìens défirent ausii les Grecs , qui tenoient le parti des Perses ; desortequ 'Artabaze , qui étoit immédiatement au dessous de Mardonius , & contrel’avis duquel ces mesures avoient été prises, croyant tout perdu, se retiraà la tête de 40000 hommes, & fit toute la diligence possible pour gagner laThrace. Le reste de l’Armée Persane gagna au plus vite son premier camp,& s’y fortifia, dans l’intention de se défendre jusqu’à la dernière extrémitéPausanias, étant arrivé avec ses Lacédémoniens , attaqua le Camp fans hési-ter, mais avec peu de succès; car les Perses , qui ne combattoient plus pourl’honneur, mais pour la conservation de leur vie, rendirent vains tous lesefforts des Grecs : outre cela ils avoient le même avantage fur les Lacèdè -moniens , que ces derniers avoient fur eux en rase campagne ; car, commenous savons observé ci-dessus, les Spartiates n’étoient pas accoutumés à depareilles attaques, évitant tous les sièges autant qu’ils le pouvoient, pardéférence pour les Loix d eLycurgue. Cependant les choses ne restèrent paslongtems dans cet état; car dès-que les Athéniens , qui de tous les Grecsentendoient le mieux l’Art de défendre ou d’attaquer des Fortifications, fu-rent arrivés, ils ouvrirent bientôt un paíPage aux Lacédémoniens. Ce nefut plus alors qu’un horrible carnage, puisque de 300000 hommes dontMardonius avoit eu le commandement, il en échappa à peine 3000 (-?)-On ne fait pas bien le nombre des Grecs qui périrent en cette occasion. Sinous en croyons Hérodote , les Spartiates perdirent 91 hommes, les Tégéa*tes 16, &les Athéniens 52 (b). Plutarque fixe le nombre total à r 360 (c)>mais Diodore de Sicile assure positivement, que les Perses en tuèrent près q tí10000 (pi). Quand tout fut fait, les autres Alliés des Grecs , au-lieu d’avoirpartagé la victoire, vinrent pour en être les spectateurs, & furent regardésavec le mépris qu’ils méritoient. Lampon d ’Egine proposa à Pausanias defaire chercher avec soin le corps de Mardonius, asin de venger l’indig 0 ^traitement fait par ordre de Xerxès au corps de son Oncle Léonìàas. Aquoi Pausanias répondit,, Ami, je vous fuis obligé de votre bonne inten-,, tion, & du respect que vous témoignez avoir pour moi & pour ma,» famille : mais je ne saurois m’empêcher de vous dire, que votre zèle vous
(a) Herodot. L. IX. (c) Plutarch. m vita Themist. & Arist-
(p) Idem ibid. (d) Diod. Sic. L. XI.