HISTOIRE DES LACEDEMONIENS. Liv. I. On.XIX. foi
,, aveugle en cette occasion ; car après avoir élevé jusqu’au Ciel mes ac- Histoire„ rions passées, le courage de mes compatriotes, & la victoire que nous des La . cém ,„ avons remportée aujourd’hui, vous renversez tout cela, en voulant m’en- démniettu„ gager à insulter à un Mort: action qui ne convient qu’à des Barbares ,
,, & que nous leur avons même reprochée. Je ne saurois donc entrerdans„ votre idée, ni dans celle de qui que ce soit qui pourroit approuver une„ pareille action, me contentant d’obtenir des Spartiates l’éloge de n’avoir„ jamais fait ni dit une chose peu convenable. Pour ce qui est de Lèoni-„ das t dont vous voudriez venger la mort, je crois que le nombre prodi-,, gieux de ceux que nous venons de tuer, suffit pour contrebalancer la„ perte que nous avons faite de lui, & des autres Grecs qui ont péri à la,, Journée des Thermopyles. Ne me tenez donc plus de pareils discours,ni„ ne venez plus me donner de pareils conseils; mais regardez comme un„ très grand bonheur, que je vous épargne le châtiment que vous auriez„ mérité”.
Quand ce grand Capitaine contempla la magnifique tente & les super-bes meubles qui avoient appartenu à Mardonius, il fit ordonner aux Cuisi-niers de lui faire un souper tel qu’ils étoient accoutumés d’en préparer pourle Général Persan. Lorlqu’on eut servi, il fit dresser vis-à-vis un repas à laSpartiate, & ayant mandé quelques-uns des principaux Officiers des Grecs,il leur dit avec un souris, en montrant du doigt les deux repas: Voyez,
Messieurs, la folie de ce Roi des Mèdes , qui pouvant vivre chez lui aussi som-tueufement , vient de si loin pour dépouiller des gens qui f ont si pauvre chère. U-ne partie des immenses dépouilles qu’on trouva dans le Camp des Perses, futdétournée par les Ilotes, qu’on avoir chargés du soin de les rassembler;uneautre partie fut consacrée aux Dieux, Pausanias eut le dixième du tout, 6cle reste fut partagé entre les Grecs. La guerre étant terminée de cette fa-çon , Pausanias songea à punir ceux qui avoient trahi la cause commune dela Grèce. Dans cette vue il prit le chemin de Thèbes , donc les habitansvoulurent d’abord se défendre;mais après une mure délibération,ils capi-tulèrent, & livrèrent les Chefs de la faction des Mèdes. Ënvain ces Traî-tres se flattérent-ils de pouvoir se tirer d’affaire à force d’argent. Pausaniasrejetta toutes leurs offres,& les fit mener à Corinthe ,où ils furent mis à mort («).
Le jour de la Bataille de Platée, Léotychuìe Kox de Sparte, & Xanthip. yr- mo } repeY Athénien ,remportèrent une glorieuse victoire à Mycale, où les derniers des Grecsrestes de la Flotte ík des Armées Persanes , destinées à détruire la Grèce, à Mycale.furent entièrement défaits. Les Commandans de la Flotte contribuèrenteux-mêmes à décourager leurs gens; car quoiqu’ils eussent beaucoup deVaisseaux, ils n'osèrent pas tenir la mer, mais gagnèrent le rivage, pour femettre en quelque sorte fous la protection d’une Armée de 60000 hommes,qui avoit été laissée fous les ordres de Tigrane pour défendre YIonie. LesGrecs, leur voyant faire ce mouvement, résolurent de les attaquer fur leriyage ,& Léotychide ordonna à un Héraut, que quand son Vaisseau seroitassez près pour pouvoir être entendu, il eût à faire en Grec la Proclamationsuivante : „ Hommes âTonie , que ceux d’entre vous qui font à portée d’en-
(<■/) Herodot. u bi supr. Plut. ubi supr. Corn, Nep. in Vita Pausan.
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