666 HISTOIRE DES L ACE DE M ONI EN S.
Histoire des Monarques Persans avec qui ils avoienc été autrefois en guerre; carides Lacs comme il le remarquoit parfaitement bien, un Roi Grec , régnant en Perse ,tUmomens, f ero j t p er s an p 0 ur eux. Outre cela, il les encouragea à défendre une liber-té qu’ils avoient conservée jusqu’alors, pendant que leur Ennemi capital é-toit encore loin , & seroit obligé de leur faire la guerre par ses Lieutenans.Les Grecs y animés par ces remontrances , levèrent une Armée de 20000Fantassins & de 2000 Chevaux. Antipater , en ayant eu avis, termina dumieux qu’il put la guerre en T/trace , & prit en diligence le chemin de laGrèce à la tête d’une Armée de 40000 homyres. Agis ne recula point pourcela, desorte qu’on en vint à un engagement décisif, dans lequel, aprèsune glorieuse résistance, les Spartiates (k leurs Alliés furent défaits avec pertede 5 300 hommes, Antipater en ayant perdu 3500. Agis y fut aussi tué, maisd’une manière bien glorieuse. Etant couvert de blessures, les siens l’em-portérent; mais quand il les vit fur le point d etre entourés de tous côtés»il leur ordonna de le mettre à terre, & de se conserver pour pouvoir enco-re servir à l’avenir leur Patrie. Seul alors, il combattit à genoux, & tua deson épée plusieurs Macédoniens , jusqu’à ce qu’enfin il fut percé d’un javelotau travers du corps (a). Telle fut la mort glorieuse de ce grand Roi, quimourut pour la défense de la Liberté & de sa Patrie , après un Règne de9. ans. Quand Alexandre eut reçu la nouvelle de ce combat, il eut la puéri-le vanité de dire , Pendant que nous avons combattu Darius en Asie , il y aeu, à ce qu’il semble, une bataille de souris en Arcadie (b).
Eudami- Agis eut pour Successeur son fils Eudamidas , Prince sage , plein de mo-das suces dération, & d’un caractère tout-à-fait aimable. Tout le tems de son Rè«Année S * S ne b'écoula dans une profonde paix, & par cela même ce que l’Histoireaprès le rapporte de lui, consiste principalement en quelques sentences de fa façon»Déluge La mort d’Agis avoit tellement outré les Lacédémoniens, qu’ils vouloient à2669. A-'' tous risques continuer la guerre contre les Macédoniens. Eudamidas s’y op-vant J. C. pà répondit à un Spartiate , qui lui avoit témoigné être surpris de3o °' ce que, dans le tems que tous les Citoyens dernandoient la guerre, lui seulvouloit la paix: Je la veux , ofin de leur faire sentir le tort qu’ils ont eu. Unautre vantant les victoires que ses Ancêtres avoient obtenues contre les Per-ses, & inférant de-là qu’il falloit attaquer la Macédoine : Fous croyez, ditEudamidas, que c est la même chose , de faire la guerre à mille Moutons b ' acinquante Loups. Etant entré dans l’Ecole de Xénocrate , & ayant remar-qué que ce Philosophe étoit fort âgé, il demanda quelle étoit sa profession?'On lui répondit, que c’étoit un homme sage , qui recherche! t la Vertu tHélas! dit il, s’il la recherche à présent , quand en sera-t-il usage 1 Quand A-Isxandre fit publier dans toute la Grèce une Proclamation, par laquelle il è*toit permis à tous les Bannis de s’en retourner dans leurs Villes, hormis àceux de Thèbesi Cette exception, s’écria Eudamidas , est bien dure pour vous r1 & Thébains, mais en même tems bien honorable , puisqu elle marque ^'Alexan-
dre vous craint seuls plus que tous les autres Gréés (c). Tous ces Rois eurentpour collègue Cléomène, fils de Cléombrote, qui régna longtems, maisavoir rien fait de remarquable.
(a) Diodor. Sicul. L. XVI 1 Í. Q.Cart. L. VI. (S) Diodor. Sicul. L. XVM.
J ustin. L, XII. Scrab. L. VIII. l’.uisan.. in Attic. (c) slutJu Apoplu. La.-uii.l ausasl. ín Lsc-