20 HISTOIRE GENERALE
Sxctíon vent; mais les habitans se mirent en défense, parcequ’ils comptoient fur kI. secours des Grecs, dont la Flotte étoit arrivée à Ocrante , ce qui effecti-jlijloire ^ vement rompoit toutes les mesures de l’Empereur. Dans l’embarras où ilptiUi’an e "se trouvoit, ce Monarque engagea le Pape Jean VIII, qui avoit succédé77-và Adrien II. à la fin de l’année précédente,devenir comme de son proprel'an 888. mouvement à son camp,& d’ofsrir sa'médiation entre l’Empereur & Adel-
- gise. Comme de part & d’autre on étoit bien aise de s’accommoder, la
réconciliation se fit sans difficulté (a).
Intrigues La santé de l’Empereur étoit fort chancelante, & il n’avoit point d’hé-pour la suc- ritiers mâles. Cela engagea les Rois de Germanie & de France ses onclescession de ^ intriguer pour s’assurer fa succession. Louis Roi de Germanie avoit misj a ‘ U santé l’ímpératrice dans ses intérêts, en cédant fa part de la Lorraine à l’Empe-s’affoibiit. reur, & en lui promettant fa protection contre les Seigneurs d’Italie, qui874 - la haïssoient parcequ’elle se mêloit trop des affaires du Gouvernement.
. Ils auroient voulu que l’Empereur la répudiât, pour épouser unè autre fem-me, dont il pût espérer d’avoir un héritier du Royaume d’Italie. Char-les le Chauve, Roi de France. n’ignoroit pas que l’Empereur & l’Impéra-trice ne l’aimoient point , & que les prétentions de son frere Louis étoientmieux fondées que les siennes. II s’appliqua donc à gagner à force de ma-gnifiques promesses un grand nombre de Seigneurs d’Italie , & s’assuramême du Pape. Ce Pontife ne laissa pas de se trouver à une entrevueque l’Empereur eut avec Louis le Germanique à Verone, on ne faitpour quel sujet.
Mort de ce L’année suivante la santé de l’Empereur s’affoiblit à vue d’œil, il mou-Prince. rut à Brescia le IZ d’Août,& fut inhumé dans la Basilique de S. Ambroise875, à Milan (b). II ne laissa qu’une seule fille, qui s’appelloit Hermengarde,laquelle fut mariée dans la fuite à Bofon Roi de Provence. Louis s’étoicfait chérir de ses peuples tant par ses qualités personnelles, que par sonamour pour la justice, qu’il fesoit rendre aux moindres de ses sujets avecune grande impartialité. Bien qu’au commencement de son régné, il fîtparoitre du courage & de la fermeté en s’opposant aux entreprises ambi-tieuses des Papes, il fut obligé de changer de conduite, en se trouvant dé-pouillé, par le partage que son pere avoit fait, de l’autorité attachée à saqualité d’Empereur, ensorte qu’il souffrit tranquillement les usurpationsdes Evêques de Rome, & y donna même une espece de sanction par sacondescendance.
Charles le Charles le Chauve, Roi de France, fut bientôt instruit de la mort deChauve l’Empereur ; il se mit en marche pour l’Italie avec son Armée le premierpaffe enl - âg Septembre & passa les Alpes. Louis Roi de Germanie, qui connoissoitta iC ‘ la justice des droits qu’il avoit, aiant appris la marche de son frere envoyaCharles le Gros, son troisième fils, avec une Armée pour s’oppofer auxentreprises de son concurrent. Les uns disent que Charles le Chauve mar-cha contre son neveu & l’obligea de le retirer précipitamment (c). Ma:sun Historien contemporain, qui étoit fur les lieux dit, que Charles le
sc) Annal. Bertin. apud Daniel Hist. deFiance. T. 111 . p. 153, in gvo.
(a) Aîmon, L. V. C. 30 vers la fin.
(b) Sigoiu L. V.