Z2 HISTOIRE GENERALE
Section Bérenger, qui étoit à Verone, aiant appris la mort de Gui,retourna d’a-wll'ire ì^ord à Pavie, & se mit en possession du Gouvernement. Mais les Sei-d' Italie de- gneurs qui avoient pris le parti de Gui, désespérant d'obtenir leur grâcepuis'Tan de ce Prince, continuèrent à le traverser, & promirent leur secours àsS'íjusqu'à Lambert fils de Gui, s’il vouloit prétendre à la Couronne. Lambert,encouragé par Ageltrude fa mere, accepta leurs offres', assembla desTroupes & marcha contre Bérenger. Ce Prince se voyant abandonnéde ses amis, sortit de Pavie, retourna à Verone & laissa le-Royaumeà Lambert.
Le Pape in- Lambert ne craignant plus rien de son rival, alla à Rome, où il y avoicArnoul beaucoup de troubles par l’ambition de Sergius. Çe Cardinal pour íe ven-ftjie ir Cn S er à ce qu’à la derniere élection on lui avoit préféré Formose,traversoit395. le Pape en tout, soutenu par divers Seigneurs & entre autres par Adai-bert Comte de Toscane. A son arrivée Lambert se joignit à la faction deSergius, quoiqu’il eût été couronné Empereur par Formose. Ce procédéde Lambert allarma le Pape ; il écrivit á Arnoul pour l’inviter de venir àRome prendre la Couronne Impériale , ôc le délivrer de la tyrannie deLambert. Arnoul saisit avec joie cette occasion de satisfaire son ambition,& dans le mois de Septembre entra en Italie avec son Armée. 11 la parta-gea en deux corps, avec lesquels il ravagea la Toscane. L’un marchavers Florence, òc lui- même après s'être arrêté quelque tems en Lombar-die, conduisit l’autre du côté de Lucques & passa les Fêtes de Noël danscette ville. Bérenger vint l’y trouver; Arnoul le dépouilla de ses Etats& le retint prisonnier; il donna le Duché de Frioul au Comte Walt-fred ou Gualtfred, & celui de Milan ou de Lombardie au Comte Magní-fred. La prison de Bérenger ne dura pas fort longtems ; il paroit par desChartres que le 5 de Mars de Tannée suivante il exerçoit Tautorité souve-raine à Verone. II y a de Tapparence que la crainte de quelque révolutionimprévue engagea Arnoul à relâcher Bérenger, & à lui rendre la Marchede Verone avec l’usage du titre de Roi d’italie.
Arnoul ar- Dès les premiers jours du Printems Arnoul marcha à Rome. Mais l’Im-^' eS íiR Patrice Ageltrude, mere de Lambert, entra dans la ville avec une Ar-me. °‘ mée. Le Roi de Germanie fut sor le point de s’en retourner , prévoyant” ' L9S. qu’Ageltrude se défendroit vigoureusement ; mais il forma le siégé à lapriere de ses Troupes, irritées de quelques plaisanteries des Romains.On ignore les détails de ce siégé ; ce qu’il y a de certain c’est que Romefut prise d’assaut (*), qu’Arnoul mit en liberté Formose, persécuté, peut-être même détenu prisonnier par la Faction du Cardinal Sergius,qui s’étoitjoint à rimpératrice Ageltrude.
Il est cou- p 3 p £ cour onna Arnoul Empereur avant le 27 d’Avril, & lui donna
les
(*) Liutprand L. I. C. 8. fait dépendre la prise ds Rome d’un petit événement,qu’on a droit de, regarder comme une fable. Suivant cet Historien , un Licvre. ef-frayé des grands cris qui partoient de l'Armée Allemande, s’enfuit vers la ville. LesîEêmes cris intimidèrent les Romains, & les soldats d’Arnoul s’en étant apperçus donne»rent un assaut à la cité Léonine ce qui fut cause que les Romains cnpitu:erent & ss ren-dirent. Les Auteurs Anglois ont adopté ce récit, niais j’ai suivi M. de St. Marc.Rem. du Teai>.