D’ITALIE. Liv. XXIV. Ch. I. 57
Dès qu’on fut en Italie la mort de l’Empereur Othon I. il y eut Sectionbeaucoup de confusion à cause des brouiileries qu’il y avoir parmi, les RSeigneurs & les villes dont plusieurs, dit-on, mirent des Consuls à latête de leur Gouvernement ; ce qui n’est cependant rien moins que cer- p uistain, puisque Muratori assure que ce fut deux siécles plus tard que les 962 jujqu’àvilles fe donnerent des Consuls. Rome en particulier , fut agitée de 1027»troubles par un nommé Cincìus en plutôt Crefcentius , qui précendoit Trm ^ es ^rétablir l’ancienne République. Soutenu de Francon Cardinal Diacre, ilse saisit du Pape Benoit VI. l’enferma dans le Château de S. Ange,
& le fit, dit-on, étrangler. Ce fait cependant n’est rien moins quecertain, car il régné ici une grande confusion dans l’Histoire. Quel-ques - uns assurent qu’une autre Faction mit alors Donus II. sor le trônépontifical, & qu’étant mort peu de tems après, Crefcentius & son Parti,élurent Francon, fous le nom de Boniface VII. D’autres placent Donusavant Benoit VI. & d’antres après Boniface. Toutes ces variations don-nent lieu de penser à de favans Auteurs (a), qu’il ne doit pas être mis aunombre des Papes. Quoiqu’il soit, Boniface fut chassé aubout d’un mois,
& la faction des Comtes de Tufculum fit élire un neveu d Aìberic ,
Consul & Patrice de Rome, sous le nom de Benoit VII. Encore mêmey a-1-il de f embarras, & des 5 a vans conjecturent que Benoit VI. étantsorti de prison, fut rétabli & que le nom a fait croire que c’étoic un autredu même nom. Baronìus dit, que Boniface avant que de quitter Rome,dépouilla le Vatican de son trésor & de ses plus riches ornemens, & qu ilemporta le tout à Constantinople, où il se retira. Sigonius rapporte fous1 an 975, qu'à l’occasion de différentes séditions qui s’éleverent à Bologne,les particuliers se mirent à fortifier leurs maisons, en y joignant des tours,
& que ceux d’Orvìete commencerent à se donner des Consuls. Mais celane paroi t pas fort certain à Muratori.
Sigonius place en 979 une expédition des Empereurs Basile & Constat]- Expédîtmtin. II dit, que croiant qu’il étoit honteux pour eux que leur Empire eût Hes Grecsperdu la Bouille & la Caiabrc, ils prirent à leur solde, mais à grand fraix , mles Sarasins qu'ils avoient chassés depuis peu de l’ille de Crete, qu’ils tom-bèrent en Italie, & s’étant emparés de B.ari & de Matera, recouvrèrentfans trouver de résistance la Fouille & ensuite la Calabre. Mais il n’y arien de fondé en tout cela, ainsi que f observe M. de St. Marc (b). LesSarasins avoient été chassés de Crete en 961 par Romain le jeune, pere deBasile & de Constantin. D’aiiieurs, ces Princes ne vinrent jamais ni l’un nil’autre en Italie, & on ne trouve rien de pareil dans les anciens Historien?.
Ce qui paroit plus certain, c’est ce que rapporte Cedrene dans ses Annales.
Mele ou Melon, citoyen de Bari, le plus noble, le plus puissant & leplus courageux des Apuliens, aiant chassé les Grecs de Bari & de toutela Bouille, l'Empereur Basile II. envoya contre lui cette année BasileArgyre Gouverneur de Samos, & Contoléon Gouverneur de Cephaloniej
(o) Fleuri T. XII. p. 178. St. MarcAbr. Chvon. T. II. p, 829. Col. iles Papes.
Tome XVI U.
(&) Abr. Chron. T. II. p. I26.
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