58 HISTOIRE GENERALE.
SsctroN Mele les défit dans une grande bataille , leur tua beaucoup de monde, <L. Hj- fir un grand nombre de prisonniers. One fuite honteuse sauva le reste.á’Italie de- E’Einpereur Othon 11 . n’avoit pu encore passer en Italie, arrêté d’abord
fuis l'an par la révolte de Henri Duc de Bavière son cousin, qui prétendoit à l’Em-g62 jusqu'à pire, & ensuite par la guerre avec les François pour la Lorraine. En 980l’an 1027. fi fit ] a paix avec Lothaire Roi de France, & jaassa les Monts avec une0thon „ puissante Armée, accompagné de l'Impératrica Théophanie, & d’un grandvient^en 'nombre de Seigneurs & de Prélats. Sigonius & d’autres Historiens (a)Italie. disent que ce Prince, aussitôt après son arrivée en Italie tine au mois
pgo. d’Août une Dicte folemnel'e des Princes d’Italie à Roncaglia dans le Plai-santin (*). Sigonius ajoute, que dans cette Dicte il fit justice des auteursdes séditions arrivées en Italie, qu'il y conféra des Fiefs à différentes per-sonnes , entre autres à Bracciforte de Plaisance ik qu’il y déclara TédaldMarquis de Mantoue. Mais tout ce récit est mal fondé. Le 7 d’Octo-bre Othon étoit encore au delà des Monts, comme le prouve un Di-plomé que D. Mabillon a fait imprimer dans ses Annales Bénédictines, àJ’année 980. D’ailleurs, il n’y eut point alors de Marquis de Mantoue.Tédald fut à la vérité Marquis, mais on ignore d’où ce titre lui vint (-).
(a) Sigrn. ad ann. ç8o. Giannone Hist. (b) St. Marc Abr. Chron. 1 . c. p. 832.de Naples T. I. p. 616. Introd. à l’Hist. Col. Empereurs d’Occident.de l’Univ. T. II. p. 78. Paris, in qco.
(*) Voici comment Sigonius (r) décrit !a maniéré dont les Empereurs se rendoientà Rome. 1 !s envoyoient dts Officiers d’avance, qui donnoient avis aux villes ite lavenue du Roi, leur ftsoient renouveller le serinent de íìdelité, & demanloient leFoderum & les autres services nécessaires dans cette circonstance. En arrivant enItalie i'Empereur £e rendoit à Milan, quand il rr’avoit pas été couronné Roi, & dansla Basilique de 8. Ambroise il déposoit sur l’autel les ornemens royaux , & fesoit lafonction de Soudiacre à ia Messe célébrée par l’Archevêque. Après quoi, il étoit ointde l’huile sainte par l’Archevêque, qui joignoit aux autres marques de la Royauté lacouronne de fer, qu’il lui mettoit fur la tête, en lui fesant jurer d’employer toutesses forces à défendre en tout tems les droits de l’Italie. Pendant ce teins - là, toutesles Magistratures & les Charges étalent vacantes, dans les villes, & le Roi terminaittous les procès par le ministère de i’Archevêque de Cologne, qui étoit Chancelierd’Italie. De Milan, le Roi fe rendait dans la plaine de Roncaglia dans le Plaisantin& y campait. Les marchands & les vivandiers qui suivaient l’Armée, pkçoientleurs tentes & leurs boutiques proche du camp en façon de fauxbourg, quand le campétoit quarté,- mais s’il étoit en cercle, ils servaient comme de rempart. Le campmême étoit partagé en rues, latente de l’Empereur au milieu, en forme d'Eglife,avec celles des Seigneurs tout autour. Quand P Armée étoit campée, le Roi pendaitson bouclier au tronc d’un arbre, & tous ceux qui tendent des fiefs étoient sommés parun Héraut defe rtnJre auprès du bouclier; les Gentilshommes étoient sommés de mê-me par leurs Valvasseurs. Ceux qui ne se rendoient pas le lendemain étoient privés deleurs Fiefs. On tenait alors une Oie te ; le Roi recevait les Députés des villes, quivenoient le féliciter, & entendoit ceux qui avo ; ent quelques différends, qu’il décidaitpar l’avis de personnes versées dans la connoissance des Loix; il fesoit auiS de nouvellesLoix, si cela étoit nécessaire. La Diete si nie, le Roi, accompagné de l’Archevêqne ferendait à Rome pour recevoir la couronne Impériale. Les principaux habitans des vil-les par lesquelles il devoit passer, étoient obligés de v.nir au devant de lui, fous peiLSd’amende, ou de la perte de leurs privilèges, ou on les réduisait par les armes.
( 1 ) Siym. p. 176 ,