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32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
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86 HISTOIRE GENERALE

Ssction à reprendre le Gouvernement. Par la sagesse de ce Ministre, le bon ordre_ IV. se rétablit pour quelque tems dans l’Empíre. Mais la liberté avec laquelle.il reprit le Prince de ses débauches, aiant déplu, il quitta une seconde foispuis lan I e Ministère. Les Saxons se révoltèrent, & porterent leurs plaintes au1027 jus- Pape contre l’Empereur, fans le ménager. Alexandre II. écrivit à Henri,qu'à Van de se rendre à Rome pour répondre sur l’accusation de Simonie & sur d’au-1J38. rres choses qu’il étoit nécessaire de corriger. Deux Evêques Aiiemans, ve-‘ nus à Rome pour recevoir les revenus royaux, furent chargés de cette Let-tre, au moins très-indiscrete, dit M. de Sc. Marc.

Mort d’ A- Alexandre ne vit pas l’effet de fa Lettre, étant mort le 21 d’Avril. Dèslexandre le lendemain Hiidebrand (*) fut élu d’une façon irréguliere & tumultuaire,il, &? élec- On l’intronisa sur le champ sous le nom de Grégoire VIL mais il protesta**0^ vil. en làne tems, qu’il ne se laisseroit point consacrer sans le consentement8 °jo 73. ' du Roi. Dès le lendemain de son élection, il députa à I’Empereur pourl’en instruire, & l’on ajoute, pour le détourner de la confirmer. Les Evê-ques de Germanie conseillèrent au Roi da prendre Hiidebrand au mot, &de casser son élection. Mais Henri, persuadé que la soumission & l’hu-milité de ce Prélat étoient sincères, se contenta d'envoyer Je Comte Eber-hard à Rome, pour s’informer de la maniéré dont les choses s’écoient pas-sées. Eberhard fut reçu de Grégoire avec respect, il se plaignit de cequ’on l’avoit forcé d’accepter le Pontificat, & fit valoir son attention à nepoint se laisser consacrer, avant que son élection eût été confirmée. Henrila confirma sur le rapport du Comte , ôc nomma l’Evêque de Verceilpour assister, en qualité de Commissaire Royal , à la consécration duPape ( a ).

Cmmtnce- Grégoire se voyant paisible possesseur du Saint Siégé, découvrit bientôtmini * son p ar p es Lettres, qu’il vouloit à tout prix dépouiller l’Empereur du droit dePmtificat. conférer les Bénéfices, II publia aussi un Décret, par lequel il défendoitaux Evêques de prendre le titre de Pape, qu’il se réservoít à lui seul. IIenvoya en Espagne le Cardinal Hugue le Blanc, pour réformer les abus dansce Royaume & principalement pour demander que tous les pays conquisfur les Maures fussent tenus en fief de l’Egìise Romaine; prétendant qu’a-vant l’invaston des Maures, l’Espagne étoit tributaire du Saint Siégé. Ba-ronius rapporte une Lettre de Henri au Pape, dans laquelle il fait l’aveude ses fautes, qu’il rejette fur fa jeunesse & fur ses mauvais Conseillers ; il

fa) Baron, ad ann, 1073. Lambtrt, Schafnab. ad ann. 1073.

(*) Les Historiens varient fur rorigine de ce Pape. Les uns le font fils d’un char-pentier de Soane, ville de Toscane. D’autres prétendent qu’il étoit d’une famille noble& né à Roanco ou Roavaco, Bourg du territoire de Soane. Quoiqu’il en soit, il fitde bonne heure des progrès dans les Lettres , & comme il étoit vif & ambitieux, il fedistingua bientôt. Victor Ii. l’envoya Légat en France, & dans la fuite il fut employéen diverses commiílìons. Sous le Pontificat d’Alexandre ÍI. il gouverna avec un autoritéabsolue. Son zele extraordinaire pour étendre la puislance du Siégé de Rome, le fitélire pour Pape. II étoit de petite taille, & n’avoit gueres de mine, mais ii étoit vio-lent & vouloit dominer. Non content d’être le Chef spirituel de l’Europe, il s’arrogeal'autorité temporelle, déposant les Princes & donnant leurs Etats. Son ambition extra-vagante , qui dans un íiede plus éclairé, auroit paru ridicule , trouva ,moyen de fesatisfaire,