D’I T A L I E. Liv. XXIV. Ciî. I. 89
Les troubles de l’Eglife de Milan continuoient toujours. En 1074, Her- Secrio*lerabald, sûr de la protection du Pape empêcha la célébration du Batêmesolemnel, qui devoir se faire la veille de la Pentecôte, ne s’étant pas faite de*le Samedi Saint. L’année suivante, il s’y opposa encore, renversa le chrê- puis l’anme envoyé par un des Evêques suffragans, en produisit un autre, fans 1027 jusnommer celui qui savoir consacré,& malgré la plus faine partie du Clergé
fit célébrer le Batême par Liprand, Prêtre de fa Faction. Cette violence —!--
occasionna un combat, où le parti de Herlembald reçut un échec conside- Nouveauxrâble. Les Milanois, aspirant à un état plus tranquille, députèrent à Henri àpour lui demander un Archevêque , ne voulant reconnoitre ni Godefroi,ni Atton. Henri fit attendre quelque tems les Député*, & nomma ensui-te de lui - même, & fans eux, le soudiacre Thedald, Chanoine de Milan,que toute la ville reçut avec foie, & les Evêques suffragans le sacrèrent.
II se trouva donc en même tems trois Archevêques de Milan ; Thedalddans cette ville , Godefroi à Brebia & Atton à Rome. En 1076,Herlembald renouvella la scène des années précédentes pour le Batême,pareeque l’Archevêque Thedald n’étoit pas encore arrivé. Les princi-paux de la Noblesse sortirent de la ville & une grande partie du Peupleles suivit, & tous firent serment de recevoir le Pasteur que l’Etnpereurleur avoir donné. Quelques jours après Pâques, ils rentrerent dans laville ; il se donna un combat &, Herlembald fut tué. Le Prêtre Liprandsenfuit, ceux qui le poursuivirent, l’ayant atteint, lui coupèrent le nez& les oreilles. _
Dans ce même tems, Grégoire écrivit à Geisa Roi de Hongrie, qui Gr^oírel’année précédente avoir chassé du trône Salomon. Le Pape lui mandesine le Royaume de Hongrie a été rendu tributaire du Saint Siégé par^g» /,/Etienne, qui en a été le premier Roi Chrétien, & que s’il veut le tenir en Ruffìe tri-Fief, il peut compter fur fa protection contre Salomon. On voit auífi une Putains.Lettre de Grégoire à Demetrius grand Duc de Russie, où il lui marque,que son fils lui a déclaré qu’il vouloir recevoir le Royaume de ses mains,comme un don de S. Pierre, en lui prêtant serment de fidélité, rassurantque_Demetrius approuveroit cette demande & qu’en conséquence, il luiavoir donné la Ruffìe de la part de S. Pierre. On voit que cet ambitieuxPontife se croyoit maître de disposer de tous les Royaumes.
_ A la fin de cette année le Pape courut grand risque. Cencius, fils d’E- Violencetienne ci-devant Préfet de Rome, étoit fort puissant par sa naissance, sox que lui faitdignités & ses richesses, mais d’ailleurs violent & débauché ; Grégoire Cenclus *lavoir par cette raison excommunié. Cet homme, devenu furieux, en-tr a inopinément la nuit même de Noël avec des gens armés dans l’E-glsse de Sainte-Marie-Majeure, où le Pape célébrait la Messe de mi-suit. II ]e saisit, le dépouilla de ses habits Pontificaux, le traîna horsde l’Eglise, & i’enferma dans une Tour. Ce qui favorisa, dit-on,
Çette violence, c’est qu’il tomba cette nuit une pluie si excessive, quejes'rues étoient impraticables, en sorte qu’il y avoir peu de monde dans1 Eglise. Mais aussitôt que le bruit de cette violence se fut répandu,tous les Romains accoururent & attaquèrent la Tour avec tant de fureur,
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