po HISTOIRE GENERALE
Sectxok que Cencius voiant qu’il alloit être forcé se jetta aux pieds da Pape & laidemanda pardonque Grégoire lui accorda ; il sortit de la Tour & retour-a'Italie <ie - na à Sainte-Marie-Majeure , où il acheva la Messe, quoiqu’il eût étéfuis Van blessé au front, si l’on en croit quelques Auteurs. La protection du Papeio J7 jus- sauva la vie à Cencius ; mais le lendemain de la fête, le Peuple le condarn-qu’à l'an na à être banni de Rome pour toujours. Un Historien prétend que l’Ar-11381 chevêque Guibert étoit le véritable auteur de l’attentat de Cencius ; maiscela n’est fondé («) que fur ce que ce Prélat, ou retenu par le Pape ounommé Commissaire par le Roi, n’avoit pas quitté Rome depuis le Conci-le de cette année, auquel il avoit astìste', & qu’il ne s’en retourna dans sonDiocèse qu’après l’événement dont il s’agit. D’autres Ecrivains font en-trer encore dans ce complot, Robert Guifcqjrd , tous ceux que Grégoireavoit excommuniés & le Roi Henri lui-même. Mais Lambert d’Aschaf-fenbourg, écrivant en Allemagne dans le tems même, & Pandulf de Pise,écrivant à Rome peu de tems après la mort de Grégoire , qu’il avoit vu,ne parlent d’aucune espece de complot, & chez eux Cenciusparoit unique-ment venger son injure particulière. 11 vaut donc mieux s’en tenir à cesHistoriens plus vrais, & fans doute mieux informés que les autres, & l’ondoit regarder ce complot, comme imaginé après coup, pour rendre deplus en plus odieuse la mémoire de Henri IV. & de Guibert.
Conduite de Nous touchons aux grandes contestations du tems , & avant que d’en-Henri iv. trer ^3^ quelque détail, nous croions devoir remettre fous les yeux duP-Fs.j^àur la conduite de l’Empereur envers le Pape, immédiatement aupara-vant, telle qu’un judicieux Historien l'expose (S). Henri, avant de marchercontre les Saxons, qu’il nepouvoit pas ignorer être en liaison avec la Courde Rome, envoya des Députés à Grégoire, pour traiter secrètement aveclui des moyens de rétablir la bonne intelligence entre eux. Le secret étoitnécessaire, pour prévenir les difficultés que les Princes ennemis auroientpu faire naître. L’Empereur avoit promis d’envoyer d’autres Députésaprès son expédition. Vainqueur des Saxons il en différa l’envoi, parce-qu’il falloit qu’il se fût déterminé lui-même fur les conditions de son ac-commodement avec un sujet ambitieux, qui , parcequ’il étoit son Supé-rieur pour le spirituel, vouloit à tous égards lui faire la loi. La résolutionde l’Empereur dépendoit des bonnes ou des mauvaises dispositions desPrinces, dont il avoit eu lieu de se méfier. S’il ne pouvoit pas les faireentrer dans ses vues, il falloit qu’il se hâtât de Raccommoder en secretavec Grégoire, & qu’il ne se rendit pas trop difficile fur les conditions.Au contraire, s’il venoit á bout de gagner ces Princes, il se trouvoit enétat de prescrire des loix, au lieu d en recevoir; & le mystère du se-cret devenoit alors très - inutile. 11 pouvoit même être de quelque impor-tance de lui substituer une publicité , qui, fesant craindre aux Saxons deperdre l'appui de la Cour de Rome, accoutumée dans tous les tems à finirpar se ranger du côté du plus fort, devoit être un moyen sûr de les conte-nir. II étoit d’ailleurs d’une grande conséquence pour Henri, qu’aiant à
( a ) St. Marc Abr. Chron. T. III. p. I. (b) St. Marc Abr. Chron. ubi sup. p.p. 694» 695. < 588 , C90.