9 6 HISTOIRE GENERALE
Sectioh de Lombardie pour simonie, meurtre & adultéré. Ils projetterent de dé-jj-ï^re posier Henri, de le remplacer par son fils, & d’aller à Rome créer un au-d’ìtaiie de - tre Pipe, siUÎ fur le champ couronnât le jeune Prince Empereur. Henripuis i’an appaisa avec bien de la peine la sédition, en alléguant que l’extrême né-1027 jus • cesfité l’avoit contraint de faire ce qu’il avoit fait. Déterminé de regagnerTAz™ à touC les Lombards, il rompit publiquement le Traité qu’il avoit fait1 ' - avec le Pape, & demeura quelque tems aux environs de Canosla, dans le
dessein de se saisir de Grégoire & de Mathilde. Mais aiant eu avis de sondessein, ils se tinrent clos & couverts dans la Forteresse. Henri se renditdonc à Pavie, rappella ceux de ses Conseillers que le Pape avoit excommu-niés ; bientôt il regagna l’affection & la confiance des Lombards, & vit dejour en jour grossir considérablement ses Troupes. Mais il ne put alors sefaire couronner Roi d’ítalie, comme il le souhaitoit, parceque les Mila-nois s’étoient réconciliés avec le Pape , & n’étoient plus disposés à lerecevoir.
n est déposé Dès qu'on fut instruit en Allemagne de ce qui venoit de se passer en Ita-tn Hê, les Princes convoquèrent une Dicte à Forcheim, pour le 13 de Mars.
élit Rodoí! Le premier jour, ils s’occuperent à faire l’énumération de leurs plaintesfe Dus dt contre l’Empereur, & le lendemain, ils le déposèrent & élurent Rodolfe,Souabe. Duc de Souabe, qui fut couronné à Maience, le 27 par Sigefred ou Si-gefroi, Archevêque de cette ville. Ce procédé des Allemands non seule-ment allarma l’Empereur, mais inquietta beaucoup le Pape , qui aiant reçuune Lettre de Rodolfe pour lui faire part de son élection, & lui promettred’être obéissant au Saint Siégé, ne savoit quel parti prendre. II n’osoit sedéclarer absolument contre Henri, qui étoit puissant en Italie , & en aban-donnant Rodolfe, il ruinoit son Parti en Allemagne. Dans cette incer-titude, il publia une Lettre adressée à tous les Fidèles, où il déclaroit queRodolfe n’avoit pas été élu par son ordre , & que si les Archevêques & lesEvêques, qui l’avoient sacré, ne rendoient bonne raison de cette action,ils scroient déposés de leurs dignités & Rodolfe de la Royauté. Dans lemême tems, il refusa Henri, qui lui avoit demandé du secours contre Ro-dolfe. 11 ordonna à ses Légats en Allemagne , de confirmer la DignitéRoyale à celui des deux Rois, qui seroit le plus soumis aux ordres du S.Siégé (b). Cette conduite peu consistente du Pape choqua fort les Princesd’Allemagne, qui lui écrivirent, qu’ils étoient fort surpris qu’il nommâtdeux Rois, & ne s’opposât pas ouvertement à l’ennemi de l’Eglise.
Henri re- Henri n’aiant de ressource que dans son courage retourna en Allemagnet0 'f ne o", pour s’opposer par les armes à son concurrent. Son départ lui fit perdrejíilemagns. encore l'Affection des Italiens, qui fe trouvant en quelque façon fans Roi,commencerent à reconnoitre le Pape, & à chercher à fe rendre indépen-dans, en quoi plusieurs villes réussirent.
Prétentions Après le départ de Henri, Grégoire retourna à Rome; mais avant quede Grégoi-de s’y rendre, il envoya un Légat à Venise , pour absoudre les Vénitiensre> de 1 excommunication qu ils avoient encourue, en communiquant avec des
Excom-
(«) Blondo D«c. II. L. III. (6) Grégir. L. IV. Epiíì. 23.