Section' V.
Histoiretl’Italie de-puis Van113g jus-qu’à Van126g.
Oid ejl dé-claré Papeau Concilede Pavie.1160.
Démarches
d’Alexan-dre.
II ejl recon-nu en Fran-ce & enAngleterre.1161.
Victortient unConcile àLodi.
Milan rui-■née.
1162.
150 HISTOIRE GENERALE
envoya des Légats en differens Royaumes de l’Europe & en Orient, pourdonner part de son élection & de l’intrusion de Victor (a).
Le Concile de Pavie commerça le 2 de Fevrier 1160. Victor s’y trouva& s’en remit au jugement du Concile. Après avoir examiné l’affaire pen-dant sept jours, on prononça en faveur de Victor; il fut mené de l'Eglisede St. Sauveur hors de la ville, où il logeoit, à l'Eglife Cathédrale ; TEm-pereur le reçut à la porte, lui tint fétrier comme il defcendoit de cheval,le conduisit jufqu’à l’autel & lui baisa les pieds. Le lendemain, le Concilese rassembla, & avec les cierges allumés, anathématisa Alexandre & sesfauteurs (b).
Alexandre de son côté, excommunia l’Empereur à Anagnie, étant assistédes Evêques & des Cardinaux. II écrivit à Arnoul Evêque de Lizieux enNormandie, & l’informa des procédures du Concile de Pavie. Arnoulécrivit aux Evêques d’Angleterre, les exhortant de reconnoitre Alexandre.Le Roi son Maître l’aiant reconnu ; le Pape à la priere de ce Prince ca-nonisa l’année suivante le Roi Edouard , mort prés de cent ans aupara-vant (c).
En n6i, Pierre Archevêque de Tarantaife, qui s’étoit signalé dans lesterres de l’Empire par son zele pour Alexandre, passa en Italie, & défen-dit les droits de ce Pape en Toscane & en Lombardie. Quelques-uns di-sent que le Pape Fenvoya Légat en France, aiant dessein de le suivre bien-tôt, parcequ’il n’y avoir pas de fureté pour lui à Rome, le parti de l’Em-pereur s’étant emparé de tout le Patrimoine de St. Pierre, à l’exceptiond’Orviete & d’Anagnie. Pierre étant arrivé en France, les Rois de Fran-ce & d’Angleterre, qui avoient fait la paix, assemblèrent à Toulouse unConcile des doux Royaumes, pour y reconnoitre Alexandre plus solemnel-lement, qu’ils n’avoient fait dans les assemblées particulières qu’ils avoienttenues (cl).
Victor tint aussi un Concile à Lodi, où l’on confirma son élection,com-me on avoir, fait Tannée précédente à Pavie. On y lut des lettres desRois de Danemarc, de Norvège & de Hongrie , de plusieurs Archevê-ques & Evêques & de quantité d’Abbés, qui fous reconnoissoient Victorpour Pape. Ce Concile excommunia T Archevêque de Milan, attaché àAlexandre, les Consuls de la même ville, qui la défendoìent contre TEm-pereur, les Evêques à les Consuls de Bresse & de Plaisance ; enfin ceuxqui Tannée précédente avoient tué Arnold, Archevêque de Maience (§).
L’Empereur, après avoir tenu Milan assiégée tout Thiver, prit enfincette ville par famine & la réduisit à se rendre à discrétion , le premierde Mars 1162. Les habitans aílerent à Lodi se jetter aux pieds de l’Em-pereur, portant leurs épées fur leur col, des croix à la main , & criantmiséricorde. II leur donna la vie, mais fit ruiner la ville entierement &détruire jusques aux Eglises. On ajoute, qu’il en fit labourer le fol & qu’ony sema du sel (/).
(a) Act. Vatic. apud Baron. («) Fe même p. 109, no.
{b) Fleuri 1. c. p. 76-20. (/) Ufperg . de everlìone Medio-
(c) Fleuri ubi sup. p. 104, là, iu Chron.
{à) Le même p. 107.