D’ ITALIE. L iv. XX LV. C h. I. 221
déposa, <L transféra le Royaume d’Arragon à Charles de Valois, fils du SbctioitR oi de France. II envoya aussi le Cardinal Cholet au Roi d’Angleterre, pour VL
le prier d’interdire aux Rois de Sicile & d’Arragon le combat singulier,dont ils étoient convenus dans la plaine de Bourdeaux. Pierre continuoit p u ; s i> antou jours la guerre contre Charles, & il en appelloit pour ses droits à la dé m? jus-«ifivn du Pape futur. Ce procédé porta Martin IV. à ordonner à Cholet ?«’à i’an,son Légat en France, de confirmer à Charles de Valois la couronne d’Ar- 13 ? 8 -ía gon, & de prêcher la croisade contre Pierre, avec les indulgences ac-coutumées. Ayant appris que le Roi d’Angleterre avoit dessein de marier1 -éonore fa fiPe au fils aîné de Pierre, il défendit ce mariage fous peine^excommunication. Le Pape prodiguoit assez ses foudres ; Don Sanchefils du Roi de Castille, s’étant rebellé contre son pere, Martin l’excom-wunia avec tous ses adhérens, & mit toutes les villes qui le favorifoienten interdit (s). . , _ , , ,
Cependant Michel Paléologue ëtoit mort dans le mois de Decembre de Mótt de1 année 1282 , & Andronic son fils lui avoit succédé. Celui-ci fit bientôt Michel P&connoitre son attachement à l’Eglise Grecque,car à cause que son pere s’é-t°it déclaré pour la réunion , il fit enlever son corps, qui fut porté de nuità un Monastère & enterré fans cérémonie. II fit élire un Patriarche Grec,hui rétablit ceux qui avoient été bannis, & persécuta ceux qui se déclaroienteîî faveur de funion {b).
Le Pape, de plus en plus irrité contre le Roi d’Arragon, vouldit absolu- Les Fénî-tnent engager tous les Chrétiens à la croisade. 11 envoya un Légat à Ve- tiens refu-f ìs e, pour faire armer une Flotte contre les Siciliens en faveur du Roi Char-ses. Le Légat s’y prit avec hauteur pour obliger les gens à prendfe les te Roi ‘armes, mais les citoyens lui répondirent froidement, qu’il ne leur étoitpas d'Anagompermis’ de faire la guerre à qui que ce fût fans l’aveu du Doge & du Sénat. l28 +‘sec Légat eut recours aux censures , mais le Grand Conseil renouvellaia soi ancienne qui défendoit aùx sujets de la Seigneurie, de marcheren armes contre personne sans permistlon. Le Cardinal Légat, au lientse prendrejas voies de la douceur, prétendit qne refuser du secours au Roi'
Charles,. Cétoit se déclarer pour le Roi d’Arragon, & par conséquent en*courir leg censures prononcées contre ce Prince & ses fauteurs, il se retiradonc, aprè S avoir mis la ville de Venise en interdît. Cet anathème nechan*gea rien à la résolution prise de faire observer la Loi (c).
, Le Roi Charles étoit passé en France pour son prétendu duel avec le Roi L e Prince-d’Arragon ; fi avo i t laifTé son fils Charles le Boiteux, Prince de Salerne, de Sa’emec omme son Vicaire pour gouverner le Royaume. Ce Prince s’engagea im fa 1 pnjwPrudemment dans un combat fur mer avec Roger de Loria, Amiral duRoi H,ír *C’Arragon, fut fait prisonnier & mené â Messine ( d ), _
■Martin envoya alors deux Légats en Sicile, pour traiter‘de la paix entre Mort'dúses deux Rois & de la liberté du Prince. Le Roi d’Arragon les amusa pour Roi Char*,-se"ìr Charles dans l’inaction, & quand la saison propre 2 la guerre fut pas àjfe, Pie rr e f e débarrassa habilement de ce-projet de paix. Le s Légats' excommunièrent de nouveau, & s’en retournèrent fans avoir rienobtenu (e).
(*) Mariana L. XIV. c f. 1-4-146- . ,
(h) Pacliym. L. VII. C. 1. {a) Giammie T. III. L. XX. C. «*-
{& Lattgiir Hist. de Venise. ï. III. p, (cj Le uiême L c-,-
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