SectionVI-Histoired? Italie de-puis l'an1269 jus-qu’à l’an13 / 8 .
Conférencede Poitiers.
1307.
Ruine des'1 empíiers
23 6 HISTOIRE GENERALE
dre l’an 1297. II excommunia aussi Andronic Empereur de Constanti-nople comme fauteur du Schisme, pour favoriser î’entreprise du Comtede Valois, & défendit sévèrement aux Chrétiens de fournir des armes& des munitions de guerre aux Sarasins.
Le Pape ayant eu une .grande maladie , alla à Poitiers, où le Roi deFrance & lui étoient convenus de s’aboucher. Un des principaux ob-jets de cette Conférence étoit d’affermir & de consommer le Traité depaix entre la France & f Angleterre. Philippe s’expliqua alors au Papa, fur la sixième grâce, que Clement avoir juré de lui accorder, il deman-da qu’il condamnât la mémoire de Boniface, & fit brûler ses os. LePape fe trouva fort embarrassé ; mais pour ne pas mécontenter le Roi »il lui répondit par le conseil du Cardinal de Prato, qu’on ne pouvoitcondamner Boniface fans annuller la dignité des Cardinaux qu’il avoir #créés, d’aiileurs qu’on ne pouvoit décider une pareille affaire que dansun Concile général, où Boniface fût juridiquement accusé & condamné,
& qu’il en convoqueroit un (a). Le Roi fut très - mécontent de cette ré-ponse , mais il ne put refuser ouvertement ce parti, & le Pape lui ac-corda tant d’autres grâces , qu’il remit l’affaire au Concile. Haiton »Religieux de Tordre de Prémontré, & parent du Roi d’Arménie, vintà Poitiers, & comme le Pape avoir fort à cœur la croisade pour la Terresainte, Haiton fut consulté, & dicta une Histoire Orientale que Nicolas ,Salcon interprète du Pape écrivit à Poitiers même. II soutient que c’étoitalors le tems d’attaquer les Sarasins, parcequeles Princes Chrétiens étoienten paix entre eux, & que la puissance des Infidèles étoit fort affoiblie parles victoires des Tartares , qui offroient leur secours aux Chrétiens (b)-Les argumens de Haiton & les sollicitations du Pape ne purent porter lesPrinces de l’Europe à entreprendre une nouvelle croisade,le goût en étoitpassé. Cependant le Pape appris les grands progrès que le Christianismefésoit en Tartarie, par les travaux de Jean Montcorvin , de Tordre desfreres Mineurs, que'Nicolas IV. avoir envoyé, díxhuit ans auparavantLégat en Ethiopie, dans les Indes & en Tartarie; il ordonna donc de sa-crer sept Frères Mineurs Evêques pour les envoyer en Tartarie, afin d’ysacrer Montcorvin Archevêque de Cambalu, & d’être ses fuffragans (c).
Mais la principale affaire dont il fut question dans la Conférence de Poi-tiers fut la ruine des Templiers, accusés des plus horribles crimes. LesHistoriens rapportent diversement la maniéré dont on découvrit leurs im-piétés & leurs désordres. Un Auteur (e) qui a écrit leur Histoire, dit quedeux Templiers emprisonnés à Paris pour avoir fomenté une séditition»accusèrent tout leur Ordre, dans Tespérance de sauver leur vie. Philips?en informa le Pape, & sans attendre son consentement résolut de faire arrêtestous les Templiers de son Royaume, ce qui fut exécuté le 13 d'Octobr?1307. Le Roi avoir envoyé des ordres très-secrets à fes Officiers de ( stenir prêts bien accompagnés & bien armés à un certain jour, & d’ouvrirla nuit suivante les lettres qu’il leur envoyoit. Ce qu’ayant fait, ils exé-
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(a) Vìllani 1 c. C. 91.
\b) Haiton C. 55. Smut. L. III, parag.
(c) Wadding T. III ann. 1305 & I 3 °£‘
(d) Gurtkr Hist, Teniplarior. p. m, 33 °*