240 HISTOIRE GENERALE
Section Concile à Vienne ; ce fut aussi en ce tems- là qu’il. déclara le Roi Robertvi. Comte de la Romagne & Vicaire général de tous les Etats de l’Eglife. Ced’îL°iic ! de- Prince envoya cent Cavaliers au secours des Florentins, & le Prince d’A-puû r an chaïe son frere se rendit à Rome avec six-cens pour s’opposer au couron-1269 jus- nement de l’Empereur (a), Frédéric Roi de Sicile de son côté envoya unqu’à r an Ambassadeur à Henri, qui conclut avec lui un Traité d’alliance & le dé-137 ' clara Amiral de l’Empire ( b ). Les Génois effrayés de cette Ligue, relu-rent !'Empereur comme leur Maître; il passa l’hiver dans leur ville, &, vint ensuite par mer à Pise. II marcha vers Rome, & entra dans cettepartie de la ville qui est au Nord du Tibre; le reste étoit occupé par lesGuelfes, dont les Ursins étoient les Chefs,& que le Prince d’Achaïe sou-tenoit. Comme ils étoient maîtres de la basilique de Saint Pierre, Henritenta de s’en ouvrir le chemin, mais ce fut inutilement, & ses troupes eu-rent même du dessous. On envoya un Courier au Pape pour obtenir la per-mission de faire la cérémonie du couronnement à Saint Jean de Latran.Mais la réponse du Pape ne venoit point, & le désordre augmentoit dansRome, desorte que les trois Cardinaux, qui restoient de cinq que le Papeavoit nommés, se déterminèrent à couronner l’Empereur, ce qu’ils exécu-tèrent le 29 de Juin 1312, en lui fesant confirmer le serment qu’il avoitfait à Lausanne.
Il se dìspòse Ensuite les Cardinaux reçurent une Lettre du Pape, où il les chargeoità faire la de procurer la paix entre l’Empereur & le Roi Robert, ou du moins deguerre au i eur ordonner de faire une trêve, en vertu du serment de fidélité qu’ils luisa mort ^voient fait. L’Empereur consulta d’habiles Jurisconsultes, & par leur avisJ 1313. répondit, que ni par le droit canonique, ni par le droit civil, le Pape nepouvoit ordonner une trêve entre l’Empereur & son vassal , que d’ailleursil n’étoit point quant à lui vassal de l’Eglise. Que-néanmoins par considéra»tion pour le Pape,il n’attaqueroit le Roi de Naples d’un an. Henri retour-na ensuite à Pise, & fit citer Robert, comme vassal de l’Empire à com-paroitre devant lui. Ce Prince n’ayant point comparu, fut déclaré contu-mace, & le 26 d’Avril 1313, l’Empereur rendit contre lui une sentence,par laquelle il le privoit de tous ses Etats, le déclaroit rebelle à l’Empire,& le condamnoit à perdre la tête. Ce procédé de Henri déplut au Pape,mais il n’osa le condamner ouvertement. Les grands préparatifs de Henri& de Frédéric Roi de Sicile allarmerent Robert, & le Roi de France sonparent ; le dernier obtint de Clement une bulle contre tous les ennemis duRoi de Naples, défendant fous peine d’excommunication de l’attaquer n!par mer, ni par terre, fur quelque prétexte que ce fût. Cette bullen’auroit pas sauvé Robert, sans un événement imprévu. L’Empereurs’en retournant en Toscane, pour revenir avec une forte armée attaquerle Roi de Naples, tomba malade dans la route, & mourut le 24 ou I e25 d'Aoûc 1313. à Bonconvento, Château prés de Sienne. On prétendqu’il avoit été empoisonné par un Dominicain nommé Bernard de Mon-îepulciano, en lui donnant la communion. Plusieurs Auteurs ont révoqué
cs
(a) Gianmne ubi fup, (i) Le aiâme.