D’ITALIE. Liv. XXIV. Clî. I. 267
Le Pape avoit indiqué, par une nouvelle bulle le Jubilé à Rome, en Sbctioh*349 , pour Tannée suivante. L’ouverture s’en fit á Noël de la même an-hée, parceque Tannée 1350 commençoit à Rome à cette Tête. Nonob- ^itdieàt-hant les ravages que la peste fefoic encore en diverses contrées de TEuro- p U ù l’anP e , il y eut un concours si prodigieux de Pèlerins, que suivant Matthieu 1269 jus-Viliani (d ), depuis Noël jusqu’à Pâque, qui fut le 18 de Mars,il y en eut i a ’ àcontinuellement à Rome depuis un million jusqu à douze-cens mille. Pen- l3 78 ‘dant l’Eté, on en compta deux-cens mille, A la fin de Tannée la multitude j u mé <umt presque auffi grande qu’au commencement ; & alors on y vit les person- 1350.
J®» les plus considérables de Tun & de Tautre sexe d’Italie & des autres pays.
Lans les derniers jours on dispensa tous ceux qui se trouvèrent à Rome de ceMi leur manquoit du tems de leurs stations. Meyerus assure, qu’à peine la dixie-^ partie des Pèlerins retournèrent chez eux, étant morts de la peste ou desligues du voyage (b). Matthieu VUlanì rapporte,que les Romains firentparoitre une extrême avidité & rançonnèrent les étrangers de toute ma*
*Mre, le Cardinal Légat du Pape donna des dispenses pour abréger leteins des stations; les Romains en furent si piqués, qu’ils tirèrent plu-heurs fois des fLches dans son logis, & insultèrent & attaquèrent ses do-mestiques dans les rues. Ce Prélat partit de Rome, pour se dérober àeur violence, & se mit en chemin pour aller en Campante, mats il mou-Iut en route, empoisonné avec plusieurs des siens (c).
f Jean Viscond , Archevêque de Milan , étoic depuis la mort de son Jean Vif.tfere Luquin Seigneur temporel de cette ville; ce Prélat ambitieux s’em- conti eXm ,P ar a de Boulogne; Clement VI. en fut si irrité qu’il mit la ville de Milan ,
M interdit, § cita l'Archevêque de comparoitre devant lui à Avignon. fincmcUicj! ean n’ayant eu aucun égard à cette citation, le Pape l'excommunia avec avec lui.ous f es f au te U rs. Ayant appris que Jean recherchoit Tappui des Gibelins, i 3 Zi-letnent envoya TEvêque de Ferrare Légat en Italie, afin de former une"gue des villes de Toscane L de Lombardie ; pour leur défense mutuel-® ' & pour celle de TEglise. L’année suivante , les villes alliées envo-yerent des Députés à Avignon, pour se plaindre des hostilités de Vif-cona <Sc demander du secours au Pape. Clement les reçut fort bien ,
«îais leur arrivée Tembarrassa, parcequ’il étoit entré secrètement en né-gociation avec Visconti. Ce Prélat avoit à force d’argent gagné plusieursardinaux <S c engagé le Roi de France à agir en fa faveur. Le Pape vou-^.nt se montrer impartial proposa aux Députés d’opter entre ces trois par-av ’ i? l ì v ^ a * re L paix avec TArchevêque, ou de conclure une ligueDims église contre lui ; ou d’appeller TEmpereur à leur secours. Les Dé-^ ® s j instruits des dispositions favorables du Pape pour TArchevêque, s’enLe p° rterent ® ^ erne nt lui-même fur le choix d’un de ces trois expédiens.
} a s“P e donna Tabsolution à Visconti, & lui accorda l’investiture de Mi-rìn ^"ologne pour douze ans, à la charge de payer douze mille flo-s d o r p ar an ^ ^ cent m j|] e goiins pour les fraix de la guerre. Et pourav 1 parut pas avoir négligé les intérêts des villes alliées, on fit une trêvec Visconti pour un an. C’est ainsi, dit Matthieu Viilani (d ), que paç
G) Muttìi. J^illani L.{b) Meyer. L.
I- C. 56.
(c) M. Viilani ubi íup.
(d) Le même L. UJ. C. 4, 5>