Buch 
32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
Seite
286
JPEG-Download
 

286 HISTOIRE GENERALE

Section gnie, pour éviter ies grandes chaleurs; & Urbain fe retira vers Je mêmsvil te ms à Tivoli avec les quatre Cardinaux Italiens. On peut voir dans Mr.^Italie Lenfant (a) le détail de tout ce qui fe passa, nous nous contenterons deforant le dire, que trois des Cardinaux Italiens, le quatrième étant malade, vinrentgrand joindre leurs confrères à Fondi dans le Royaume de Naples, ils sétoientSchisme rendus pour êrre plus en liberté. Dès le 9 dAoût, ils avoîent publié uneOccident. Déclaration adressée à Urbain lui-même, ils le traitoient d'Apostat Hd'Antechriss, L le 21 de Septembre ils élurent le Cardinal Robert de 6e»neve, qui prit le nom de Clément VII (L).

S-hisme à U íe forma donc un grand Schisme dans lEglife , qui causa de fâcheuxdvui'Egh- ^roubles en Europe. Urbain étoic reconnu en Allemagne, en Hongrie, enAngleterre, en Bohême, en Pologne, en Danemarc en Suede, en Prusse,en Norvege, en Hollande, en Toscane, en Lorabardie , dans le Duch£de Milan & presque dans toute ì'Itaîie. La France, l'Espagne , f Ecosse,Chypre, & Naples fe déclarèrent plutôt ou plus tard en faveur de Clément.Dautres prirent le parti de la neutralité jusquà la décision dun Concile-néral. Cependant les deux Papes fulminoient lun contre lautre, offrantindulgence pleniere à ceux qui fe croiseroient en leur faveur. Ce que l'unlioit, lautre ìe déliait ; ce que l'un accordoit, lautre lannulloit. Cela in-troduisit une grande corruption dans les mœurs ; les gens de bien étoientdans le mépris, les meehans trcmvoient de la protection dans lun ou danslautre parti ; les rapines & les meurtres fe multiplièrent ; les loix étoientfans force, la Discipline étoit anéantie, & la Simonie sexerçoit ouverte-ment. Avant le Schisme Urbain avoit fait la paix avec Barnabé Vifconti»les Florentins & tous les confédérés; il avoit aussi confirmé sélection deWencestas à lEmpire, fans quon le lui demandât (c).

Clement Se voyant abandonné de tous les Cardinaux, & même de la plupart dsvu -J e À rs : fes Courtisans, il reconnut limprudence de fa conduite. Etant retourné à^non AVl ' R° me > une promotion de vingt-six Cardinaux , la plupart Romains6 ìi-ç. ou Napolitains; il en avoit nommé vingt - neuf, mais trois refusèrent leCardinalat. Clernent de son côté en créa six ; & envoya deux mille Bre-tons, avec les Nobles Romains de son parti, pour semparer de Rome.Mais après divers combats ils furent obligés de se retirer aveç grande per-te. Le mauvais succès de ses armes détermina Clernent à se retirer à Na-ples ; ìa Reine le reçut avec tout le respect & tous les honneurs quon reflyau Pape; mais le peuple sétant mutiné en faveur dUrbain, Clernent pt lCle parti daller ailleurs, & comme il navoit gueres de partisans en Italie,il sembarqua au mois de Juin pour Marseille, & delà se rendit s Avignon, il fut reçu avec grande joie (d).

Urbain Urbain devenu plus hardi & plus fier par le départ de son rival entre*procedecoTî' prit de íe venger de Jeanne Reine'de Naples, il porta une sentence parJ-laquelle il ]a déclarait excommuniée, schismatique & maudite , ia priveru . 4 ,s- à Royaume de Naples &. de tous les biens & fiefs quelle tenoit du SaintSiégé, delEmpire, ou dautres Seigneurs, absolvoit tous fes sujets ànferment de fidélité, & leur défendoit même de lui rendre aucune obéis-

(a) Lenfant ubi íup.

{b) Le même & tous les Historiens.

(e) Vit. Pap. Aven. p. 12S4.(d) Giannone 1 . c.