SectiomVI r.
Histoireif Italiedurant legrandSchismei Occident.
Urbain re-vient à Ro ■me.
IZ88. •
Mortd'Vi-bain VI.138p.
Ce qui sepassa enItalie sousson Ponti-ficat.
1373-
IZ89.
292 HISTOIRE GENERALE
légitime, Clement se remettoit entierement entre ses mains pour disposerde lui comme il lui plairoic. Les Florentins répondirent, qu il ne leurconvenoit pas de traiter du Concile, que c’étoit aux Rois à aux Princesplus puîssans qu’eux à régler cette affaire (a).
Pendant son séjour à Luques, il publia une croisade contre les Clémen-tins; niant ensuite eu quelque-démêlé avec les Florentins, il alla à Perouse.Pendant son séjour dans cette ville, la division se mit parmi les chefs duparti de Louis d’Anjou à Naples. Urbain se flatant de rétablir son autori-té dans ce Royaume, assembla une armée, & partit de Perouse au moisd’Août ; mais le mulet qu’il moncoit ayant tombé rudement à terre, le Papese trouva blessé en divers endroits, deforte qu’il se fit porter à Tivoli.Plusieurs Romains le vinrent trouver, le priant inihmment de revenir &Rome ; le Pape qui se défioit d’eux passa outre , & se fit porter par laCampanie à Ferentine. Mais comme l’argent lui manquoit pour payer sestroupes, il fut obligé de retourner à Rome vers le commencement d’Oc-tobre.
L’année suivante, il eut un démêlé avec les Romains, au sujet d’un Sé-nateur qgt’il avoit établi, qu’ils soupçonnoient d’être leur ennemi. Pourappaiser le peuple prêt à se soulever, il donna une bulle pour célébrésle Jubilé l’année suivante à Rome, ordonnant qu’à l’avenir on le célebre-roit au bout de trente-trois ans, selon le nombre des années de la vie duSauveur (/;). II se flatoit d’enrichir les Romains & de s’enrichir lui - mê-me par cette voie, mais il ne vit pas cette solemnité. Après une maladiequi dura vingt-huit jours, il mourut le 15 d’Octobre. Niera qui étoicalors auprès de lui dit, que beaucoup de gens soupçonnoient qu’il avoirété empoisonné (c).
Après avoir jusques ici rapporté ce qui a principalement trait au Schis-me , dont sélection d’Urbain VI. fut la source. Disons un mot des princi-paux événemens dont sítalie fut le théâtre pendant l’intervalle de son Pon-tificat. D’abord nous aurions à parler de la guerre qu’il y eut entre lesVénitiens & les Génois , qui mic Venise à deux doigts de fa perte ;mais nous renvoyons cet article à l’Histoire particulière de l’uneou de l’au-tre de ces Républiques. En 13S5 on vit dans le Milanés une révolutiondes plus ílngulieres. Les deux freres Galéas & Bernabé Visconti avoientpartagé entre eux les terres de leur maison. Galéas commandoit à Pa*vie, <k Bernabé à Milan. Le premier étoic * mort & n’avoit laissé qu’uofils nommé Jean Galéas Comte de Vertus. Bernabé , dont la familleétoit nombreuse, & qui étoit capable des crimes les plus noirs pour con-tenter son ambition, forma le projet de se défaire de son neveu, & poufôter tout soupçon à Jean Galéas, il lui donna une de ses filles en mariage?comptant que cela lui faciliteroit l’exécution de son attentat. Jean Galéasfut averti des perfides desseins de son oncle, & résolut de le prévenir»Aussi méchant & artificieux que lui, il affecta tous les dehors d’une dévo-tion extraordinaire, & après avoir bien établi sopiaion de fa grande ses'veur, il témoigna une extrême envie d’aller en pèlerinage à une Chapelledédiée à la Vierge près de Milan, & se mit en chemin avec sa garde(«) Fleuri L. XCVIII. § 39. (c) Le même.
(b) Th. de Nitm, C. útí,