3 8o HISTOIRE GENERALE.
Section Le Roi de Naples envoya en ce tems-là des troupes au Pape, pour rá-VIII. duire les Comtes d’Anguillara , qui à l’exemple de leur pere troubloientíitaiie 1>Etat Ecclésiastique par leurs vexations. Le Pape secondé des Napolitainsdepuis r'a» surprit ces rebelles, & en moins de quinze jours les soumit & leur priti43° M- neuf Châteaux. Après cette expédition Paul II. renouvella la demandequ'à l'an q U qj a V oit déja faite au Roi de payer les arrérages du tribut que Je Royau-I5 * 7, me de Naptes devoit au S. Siégé. Mais Ferdinand prétendit que ces arré-rouille, rages fussent compensés par la dépense qu’il avoit faite pour envoyer durks entre le secours au Pape, & même qu’on diminuât à l’avenir Je tribut qu’il devoitfw- b. payer. Le Pape d’autre part allégua, que ce Roi étoit redevable de sonFerdinand, royaume aux secours qu’il avoit reçus de son prédécesseur, & qu’en qualitéde Feudataire de l’Eglife, il étoit tenu de la servir dans le besoin. Ferdi-nand pour faire entrer Paul II. dans ses vues, demanda & sollicita vive-ment la restitution des terres que l’Eglife pofíedoit, & qui se trouvoientenclavées dans son Royaume, il demanda aussi Benevent. Le Pape sentitqu’il falloit céder, & envoya un Légat à Naples pour appaiser le Roi. CePrélat réussit si bien dans fa négociation, que pour lors on ne parla plus nidu payement des arrérages du tribut, ni de la restitution des terres que leRoi demandoit (a).
Différend Les Vénitiens qui avoient la guerre contre les Turcs en Morée, .choisi-dU ci^'Vi 7ent Sigismond Malatesta, Seigneur de Rimini pour leur Capitaine - Gáné-ritietu. * tal. Le Pape au lieu d’appuier leurs efforts, entreprit de dépouiller Ma-latesta de ses Etats. Le Prince de Rimini informé des mauvaises intentionsde Paul II. quitta la Morée pour venir défendre ce qui lui restoit. LesVénitiens intercédèrent vainement pour lui, & lui fournirent quelques se-cours d’horomes & d’argent. Le Pape l’excommunia, mais il méprisa l’ex-communication & se maintint (b). Le Sénat de Venise avoit fourni auRoi de Hongrie les subsides promis , fans que ce Prince eût agi. Ainsipour fournir aux fraix de la guerre, il leva des décimes fur le Clergé. LePape défendit par un Bref, adressé au Patriarche de Venise , cette levéesous peine d’excommunication. Le Sénat envoya un Ambassadeur à Ro-me, pour faire sentir au Pape l’injustice de cette interdiction, dans untems où la République avoit besoin des plus grandes ressources contre le sinfidèles. Le Pape persista opiniâtrement dans fa défense. Le Sénat en-voya deux autres Ambassadeurs,qui firent consentir Paul II. à la levée desDécimes, à condition que le produit seroit employé tout entier à la guerrecontre les Turcs (c).
Violences Podiebrad Roi de Bohême traitoit les Catholiques avec beaucoup de dou-du Pape ceur, cependant il fut obligé de tenir une autre conduite avec un Seigneurcontre le Catholique, nommé Zdencon ou Stencon, accusé de crime d’Etat. LUhéme . 1 °‘ E-oi Assiégea dans le Fort d’Araste, où il s’étoit retiré. Stencon trouva1466. so moyen de se sauver & se rendit à Rome. Le Pape le reçut favorable-ment & lui donna des Lettres pour l’Empereur Frédéric, où il excommuniestous ceux qui continueroient le siégé d’Araste. Podiebrad fit écrire de f° slcôté par la plupart des Grands de son royaume à Rome, accusant StencoU
(a) Giannone L. XXVII. Cb. a. 205, 206.
(b) Laugkr íliíl. de Venise T, VII. p. W Là même, p. 2081 229.