m T AL IE. Liv. XXIV. Cir. I. 403
Magiques. Le Duc de Gandiefut assassiné en rue par ordre de César Bor- Skctiohgia son frère. Guichardin dit que l’ambicion & la jalousie le porterent à ce J 1 * 1 -parricide. Comme il n’avoit nullement l’esprit de son état, il ne voyoitN'avec chagrin les honneurs dont son frere jouissoic & brûloit d’occuper depuis Vau& place. D’ailleurs il étoit jaloux du Duc, à cause de la préférence que 143 ojus-lui donnoit Lucrèce Borgia leur sœur, dont ils étoient tous deux amoureux. ?«’<* l ' anLe bruit couroit qu’ils avoient encore dans leur propre pere un rival auprès 15I ?jde leur sœur, qui avoit cassé le second mariage de Lucrèce sous prétexte Candie estd’impuissance, qu’il fit prouver par de faux témoins. Alexandre fut pé- ajsajstné.nétré de la plus vive douleur en apprenant la mort de son fils. II soup-çonna d’abord le Cardinal Ascanio Sforce, ou les Ursins , mais bientôtfe véritable auteur du crime fut connu. Dans le premier mouvement defa douleur, il assembla le Consistoire ; après y avoir déploré son malheuravec un torrent de larmes , il confessa Irrégularité de fa conduite , &établit une Congrégation, de Cardinaux pour travailler de concert avecloi à réformer les désordres de fa Cour. Mais ses bonnes résolutions dis-parurent bientôt, & on le vit se livrer plus que jamais à ses anciens vices(«). Peu après, il donna à Frédéric l’investiiure du royaume de Naples.
Le Pape fut informé, que Savonarole, Moine Dominicain de Florence, Sworankoù il étoit en grand crédit & avoit fait rétablir le Gouvernement popu # brûlé àLire, avoit écrit à l’Empereur, aux Rois de France, d’Espagne, de Por- * ío rence.wgal & d’Angleterre, pour les exhorter à demander la réformation de I ^ 58 'f Eglise dans le Chef & dans les membres, & doter par l’autorité d’unConcile Général l’aboinination de la désolation, qui étoit dans le lieusaint. Alexandre irrité de ce procédé lui interdit -la prédication , & lecita à comparoicre devant lui. Savonarole n’ayant point obéi, le Papel’excornmunia, & menaça d’excommunier toute la ville de Florence. LesMagistrats jugèrent alors à*propos d’interdire la chaire à ce hardi prédica-teur. Ses ennemis agirent si vivement contre lui, qu’il fut saisi , & con-damné par des Commissaires délégués par le Pape à être brûlé (b).
La trêve entre les “Rois de France & d’Espagne avoit été prorogée, & 'Louis XII.Charles VIII. paroissoit disposé à entreprendre une seconde expédition en Jucoeúe «Italie, du consentement du Pape, qui négocioit secrètement avec lui, dan 9 j ta . rlesPespérance d’élever son fils César Borgia. Mais Charles étant mort d’apo- VIpltxie au mois d’Avril, fans enfans, son cousin Louis Duc d’Orléaas luisuccéda. Ce Prince, soin de renoncer à ses prétentions en Italie, prit nonfeulement les titres de Roi de-France, de Jérusalem & des cieux Siciles,niais encore celui de Duc de Milan, en vertu des droits de Valentine sonayeule, fille & héritière de Jean Galéas Vifconti. La mort imprévue deCharles VIII. détermina le Pape à rechercher le Roi de Naples. Commefi avoit dessein de procurer à son fils César des dignités séculières, il fit de-mander à Frédéric fa fille en mariage pour le Cardinal,& pour dot laPrin- 'cipauté de Tarente. Frédéric rejetta cette alliance, & le Pape se lia avec* e Roi de France. Charlotte, fille de Frédéric étoit à la Cour de ce Prin-ce , & Alexandre se flata de l’obtenir de Louis pour son fils. De son côté* e Roi qui souhaicoit la dissolution de son mariage, donna au Pape de l’es-
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(a) Le même.
(b) Le même,Eee