SECTION
VIII.
Histoire<r Italiedepuis l’anI430 jusqu'-à l’aní5«7-
Ludovic.Sforce recouvre le
406 HISTOIRE generalk
& d’autres Places de la Romagne contre le Duc de Valentinois, il accordâten fa faveur une croisade contre les Turcs. Les Vénitiens, qui avoient'besoin du Pape dans les circonstances où ilsfe trouvoieut, promirent de nefe point mêler de ce qui fe paíToit dans la Romagne. Miis com ne ils ap*préhendoienc d’envoir Borgia le maître, ils sollicitèrent secrètement leRoi de France leur allié, de rappeller les Suisses & les François, parcequ’ilscomprenoient que le Duc de Valentinois ne pourroit rien faire fans leurs*secours.
Louis XII. étoit retourné en France, ayant confié le gouvernement duMilanés à Trivulce. Ce Gouverneur rappella les troupes qui étoient auprès 1C Mìianés ,&de Borgia, non tant pour faire plaisir aux Vénitiens, que pour faire tête'eft f ait à Ludovic Sforce, qui avoit passé les monts, avec huit mille Suisses â
prisonnier cinq-cens hommes d’armes Bourguignons, & avoir été reçu dans Corne. A ( -gnjuite. j a n( j uve ]j e son arrivée ; tout le Milanés fe révolta contre les François,qui s’étoient rendus odieux par leur insolence & leurs vexations. Trivulcefe retira avec quelques troupes à Novare. Sforze se rendit maître de la'ville & assiégea la citadelle. Le Roi de France fit marcher d’abori une’bonne armée, qui s’avança vers Novare. Les Suisses qui étoient au set-'vice de Ludovic le trahirent & le livrerent au Général François, Par là,le Roi de France redevint maître.du Milanés (a), & la domination desSforces y finit.
Suite dt la Toute l’Italie en fut allarmée, à l’exception des Vénitiens & du Pape.'lima dt H dernier traita de nouveau'avec Louis XII. il s'obligea d’envoyer de?i0 ^ nc ' troupes & même son fils en personne pour seconder le Roi, lorsqu’il vou-droit attaquer le royaume de Naples, & promit de faire le Cardinal de’Rouen Légat du S. Siégé en France pour dix huit mois. Louis de fa partenvoya au Pape trois-cens lances & deux mille hommes d’infanterie, & dé-clara publiquement, qu’il regarderoit comme une injure personnelle , I 3moindre démarche tendante 3 traverser l’expédition du Pape. Le Duc deValentinois avec ce secours Sc ses propres forces, qui consistoient en sep ccens hommes d’armes Sc six mille hommes d’infanterie, entra dans la Ro*magne, & s’empara fans aucun obstacle des villes de Pefaro & de Rimifii*Les Florentins ôt le Duc de Ferrare n’oserent s’opposer au Duc de Valen-tinois par déférence pour les ordres du Roi. Les Vénitiens les abandonne-rent fans réserve, & donnerent même le titre de Noble Vénitien au Duc deValentinois. La ville de Faënza, qu’il assiégea, fit une si vigoureuse ré si'ítance, que Borgia fut obligé de lever le siégé au bout de dix jours, & dé-mettre ses troupes en quartiers d’hiver (b), 4
Bïrgìa est Au commencement du Printems, il vint remettre le 'siégé devant cettefait Duc dt ville. Les habitans se défendirent courageusement-& soutinrent deux abRo magne. sauts, mais enfin ils prirent le parti de sc rendre vers la fin d’Avril, à coN'dition qu’on ne leur feroit aucun tort ni en leurs personnes, ni en Iea r fbiens, ik qu’Astor Manfredi leur Seigneur auroit la liberté de se retirerhon lui sembleroit, < 5 c de jouir de ses biens particuliers. Borgia, après avohpris possession de la ville, fie conduire le Prince, qui n’avoit pas encoi‘ s -dix-huit ans, à Rome, où on le fit. mourir secrètement. La conquête ^
1501.
(a) Le !iàs. (&) Ls mZms L. V,