SectionVIII.Histoired'Italìe âe-puis l’an
1430 jus-
qu’à l’anI5î7.
Les Fran-çois aban-donnent leMilanés.
Suites deleur retrai-te.
422 HISTOIRE GENERALE
Après la bataille de Ravenne, l’Intendant des Finances d u Milanés avoireu l’imprudence de congédier ì’infanrene Italienne,ce qui hâta la ruine desaffaires dn Roi de France en Italie. L’Empereur venoit de se déclarer ou-vertement pour le Pape& avoitrappellé cinq mille Allemands,qui avoientjusques ici agi de concert avec les François, & les Suisses ayant joint fat'mée Vénitienne, la Palice se trouva hors d’état de résister, de sorte qu’il feretira avec la plus grande partie des troupes qui lui restoient dans Pavie, &mit les autres dans une ou deux autres places. Les Vénitiens & les Suissesentrerent dans Cremone , & la plupart des villes s’étant soulevées, Tri*vulce avec plusieurs Officiers du Roi, & les Peres du Concile se retira enPiémont & abandonna Milan. Le Cardinal de Medicis, qu’ils menoientavec eux se sauva en chemin. Les Vénitiens prirent possession de Pavie,de Lodi & de plusieurs autres places, au nom de la Sainte Ligne. Parme& Plaisance se donnerent volontairement au Pape, qui prétc-ndoit quelleslui appartenoient comme lésant partie de i’Exarchat de Ravenne, JanusFregose, ayant obtenu quelques troupes des Vénitiens, marcha à Genes,y entra, la fit révolter contre les François, Sc se fi t élire Doge (a). Tou-tes les villes de la Romagne retournèrent à l’obéissance du Pape, Sc le Ducd’Urbin entra dans Bologne. Jules fit payer de grosses sommes aux habi-tans, & on prétend que, fi la mort ne i’avoic prévenu , son dessein écoicde détruire cette ville (b).
Jules II. reprit aussi ses desseins fur Ferrare. D’ailleurs il se proposoit de■ chasser les Espagnols & les Allemands d’Italìe Sc de rétablir les Sforces àMilan & les Medicis à Florence. Le Marquis de Mantoue I’engagea néan-moins à accorder un saufconduit au Duc de Ferrare, qui vint à Rome luidemander pardon. Quelques semaines après les Alliés tinrent une confé-rence à Mantoue, où le Pape fit rendre le Duché de Milan à MaximilssnSforce, fils de Ludovic, contre l’intention du Roi d’Arragon Si de l'Em-pereur , qui auroient voulu le donner à leurs petit-fils. Jules envoya aulhses troupes avec farinée Espagnole contre les Florentins, qui furent con-traints de rendre le gouvernement à Laurent Medicis neveu du Cardinal ( 0 -
Comme les Suisses avoient eu la principale part à la révolution arrivéeen Italie, le Pape leur envoya les bannières de l’Eglise, Sc les honora du titrede Défenseurs de la liberté du St. Siégé. Peu après l’Evêque de Gurck, Pl e 'nipotentiaire de l’Empereur à Mantoue, se rendit à Rome, où le Pape lereçut avec les plus grands honneurs. Ce Prélat conclut une alliance entrel’Empereur & Jules contre les Vénitiens,qui refusoient absolument de céderà Maximilien le Veronois & le Vicentin. Après la conclusion de ce Trai-té , l’Evêque de Gurck assista à la troisième Session du Concile de Latran »qui avoit été remise au 3 de Décembre; il déclara qu’il adhéroic à ce Con-cile au nom de TEmpereur Sc le Pape fulmina la bulle, par laquelle il m et *toit en interdit le Royaume de France ,Sc spécialement la ville de Lyon,où les Cardinaux de Milan prétendoienc continuer leur Concile. La q ua ’trieme Seffion se tint le 10 de Décembre, Le Pape y fit lire les D*'tres patentes du Roi Louis XI. pour abroger la Pragmatique Sanction»
(a) Hist- de Venise T. VIII. p. 354-360. &c. I. c.
Hist. de la Ligue &c. p. 114. (c) Guichard . L. XI,
(è) Gui char d. L. X. Hist. de la Ligue