D’I TALI E. Lïv. XXIV. Cfl. I. 5^
considérables dans le Calendrier & qu’on ne célébroit plus les fêtes dans Sectionleur teins. Grégoire XIII. en entreprit la réformation. II consulta lesplus habiles Astronomes des Universités d'Itaîie ; il écrivit au Sénat de Ve-nìfe pour engager les Savans de celle de Padoue à donner fur cela leurs r an
avis, & il en attira plusieurs à Rome pour les faire conférer ensemble. 1564 M-îandis qu’il étoit occupé à recueillir les differens avis, Antoine Lilly qu’à Van-
lui fit communiquer un Ecrit que feu son frere Louis Lilly, Médecin & l623 ;__
Romain de naissance avoir fait fur cette matière. Grégoire goûta Je systê- CalendrierMe de Lilly, qui consistoit à rétablir l’équinoxe au 21 de Mars, comme 1582.
11 étoit au tems du Concile de Nicée, à retrancher pour cet effet dixjours de fuite dans l’annee 1582, ,& trois années bissextiles en quatra-ins ans, enforte qu’il n’y ait qu’à la quatrième centaine une année bis-sextile. Le Pape envoya des copies de l’Ëcrit de Lilly à tous les PrincesChrétiens & à toutes les Universités de l’Europe, & par une Bulle du 24de Fevrier ordonna que l’année suivante on commenceroit à suivre ce nou-veau calcul. Bien que son convint que cette réformation étoit bonne,elle ne fut pas universellement adoptée. Les Grecs & les Protestans d’Al-,lemagne, de Suede , de Danemarc & d’Angleterre ne voulurent point1 admettre, parcequ’ils ne reconnoissoient pas la juridiction du Pape.
Mais elle fut reçue en Italie, en Espagne,en France & en Pologne. Quel-ques Protestans écrivirent en fa faveur, cependant elle ne fut point admisedans la Diete d’Augsbourg ; le Duc de Saxe s’y opposa, & tous les Etatsde la Confession d’Augsbourg furent de son avis, ainsi l'Empereur remit^affaire à un autre tems, & ordonna que l'on continueroit à suivre l’an-cien Calendrier dans les jugemens de la Chambre Impériale {a). Depuisce tems-là le Calendrier Grégorien a été adopté presque généralementdans les pays Protestans.
Pendant qu’on étoit occupé de cette affaire, le Pape fut fort allarmé de f ece qui f e passoit à Cologne. L’Archevêque Gebhard Truchses étant de- cjvenu amoureux d’Agnès de Mansfeîd , chanoinesse du couvent de Geris- logne.heim, ] épousa d’abord secrètement, & ensuite publiquement & se déclara 1583.pour la Religion Protestante. Comme il avoit dessein de se maintenirdans son EleCcorat, le Chapitre de Cologne donna avis de tout au Pape,qui ecrmt à 1 Archevêque pour tâcher de le ramener. Mais Truchses^qui étoit appuie par les Protestans d’Allemagne, n’y eut aucun égard & seprépara à la guerre. En sorte que le Pape donna le premier d*Avril 1583hue bulle par laquelle il 1 excommunioit & le déposoit, ordonnant au Cha-pitre de Cologne de procéder à sélection d’un autre Archevêque, selon lesCanons. En conséquence on élut le 22 de Mai Ernest de Bavière, déjaEvêque de Frisingne, de Hildesheim & de Liege ( b ). Les deux Préten-dansse firent la guerre, mais Truchses succomba à la fin, & fut obligé defe retirer en Hollande auprès dú Prince d’Orange ,sous lequel il fit la cam-pagne de 1586. II fit reprendre Bon en 1587 . mais il la perdit encore* 3 nnée suivante, aussi bien que Rhimberg en 1589, ce qui ì’obligea de se
_ 0 ») Le même , L- LXXVI. Cont. de (b ) DeThou ubi sup. & L> LXXVlil.
f kuri 1. Ci j )p 487-496.