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X.
Histoired’ïtalie de-puis l'an
1564
qu’à l’on1623.
Famine USédition àRome.
Bulle duPape pourconfirmercelle in CœnaDomlniOutresBulles.
.51 a HISTOIRE GENERALE
retirer avec sa femme dans une maison de campagne, où il passa le reste .
de ses jours dans l’obscurité & le chagrin. II ne mourut qu’en 1601 (a)-.
II y eut cette année 1583 une grande disette de blé à Rome, & le painy fut extrêmement cher, ensorte que le peuple souffrit beaucoup. Cettefamine ne dura que deux mois, parceque le Pape remédia par ses foins &ses charités au désordre que l’avarice ou la négligence de ses Ministre?avoit causé. Mais il arriva un autre mal , qui causa bien du chagrin /Grégoire. On crut que les Bannis, dont la campagne de Rome, étoicpleine, avoient autant de part à la cherté des bleds, que le dérangementdes faisons, parceque les courses qu’ils fesoient jusqu’aux portes de la ville»& le brigandage qu’ils exerçoient fur tous les chemins, empêchoient letransport des bleds. On afficha donc des Edits terribles contre eux, L l'o»dre fut donné de les punir sévèrement. Mais comme l’on savoit que l’in*telligence qu’ils avoient avec quelques Grands leur facilitoit le moyen d’en*trer même dans Rome, & d’y demeurer cachés-, le Pape chargea le Bari-.gel ou Prévôt d’en faire une recherche exacte & de les punir. On sot.qu’il y en avoit de cachés dans le Palais des Urfins, & le Barigel les y allaenlever. Comme il se disposoit à se retirer arriva Raimond des Ursins»accompagné de Silla Savelii & d’Octavio Rìsticucci ; il pria le Barigel derelâcher les prisonniers, & de ne point violer l’immunité de fa maison»ou au moins le respect qui lui étoit à Le Barigel le refusa , on en vintaux injures, & enfin Raimond frappa le Prévôt d’une baguette qu’il avoità la main, & le Prévôt ordonna à ses gens de faire feu fur les trois Sei-gneurs. Rusticucci fut tué , & les deux autres furent fi dangereusementblessés, qu’ils moururent deux jours après. Cet accident causa un grandtumulte dans Rome j tous les Nobles prirent parti pour les CJrfins, q ulavec leurs amis couroient de côté & d’autre, & n’oublioient rien pou/trouver les assassins ; tous ceux qui tomberent entre leurs mains furent poi*gnardés. Le Pape qui étoit naturellement doux & timide, auroit biensouhaité que la chose ne fût point arrivée , mais ne pouvant rendre l avie aux morts, il usa de dissimulation, & voulut laisser rallentir la fureurdu peuple, persuadé qu’il rentreroit de lui-même dans le devoir. On ar-rêta quelques Sbirres, & on les punit de mort sous d’autres prétextes. LSPrévôt qui s’étoit sauvé, fut pris, & eut quelque tems après la tête tramchée pour d’autres raisons. Le supplice des coupables n’arrêta pourtantpas le cours du mal. Louis, frere de Raymond des Ursins , voulant vefl'ger le sang & l’honneur de sa Maison, tua Vincent Vitelli petit fils ^Pape. II sortit ensuite de Rome, se mit à la tête des Bandits, & &de grands ravages dans le territoire de Rome, ensorte que le Pape fut obi 1 'gé de mettre des troupes en campagne pour le réprimer (L).
Grégoire XIII. toujours attentif à soutenir les prétentions de la C?°. sde Rome, donna le 29 d’Avril une Bulle, par laquelle il excommuniéles hérétiques & tous ceux qui contreviendraient à ce qui est contenu da stS. la Bulle in Cœna Domini ; & il prononçoit anathème contre ceux qui a B'pelleront du Pape au Concile Général & ceux qui favoriseront ces apP e *
(a) Cont, de Fleuri uU sup. p. 517. (b) De Thon, L. LXXVIL