§i§ HISTOIRE GENERAL E'
Section ses talens la faveur & l’estime du Cardinal Carpi, dont la protection îóíX- fut fort utile contre ses nombreux ennemis. Ce fut par le crédit de ce Car»Histoire dinal qu’il parvint anx dignités de son Ordre. S’étant auíïi insinué dans lesd’itahe à sonnes grâces du Pere Ghiíieri, qui fut depuis Pape fous le nom de Pis V^ 564 jus- & de la famille des Colonnes à Rome, il obtint la charge d’ínquisiceûr Gé-qu-à l'an néral à Venise. La maniéré dure & violente dont il exerça son emploi»1623. choqua tellement le Sénat, qu’après la mort de Paul IV. il fut obligé de se“ sauver & de prendre la fuite. Après sélection de Pie IV il retourna a
Venise, & troubla encore son repos & celui des autres. A la fin, redoutasle ressentiment du Sénat, il se sauva en Gondole pendant la nuit, aprèsavoir donné ordre réafficher un insolent monitoire anx portes de í’£gli‘ ede St. Marc. De retour à Rome, il fut fait Consulteur du Sc. Office,& peu de tems après il fit le voyage d’Espagne à la suite du Lég aCBuoncompagno. Pendant ce voyage son ami Ghiíleri ayant été élu P a *pe sous le nom de Pie V, il devint par fa faveur successivement Géné-ral de son Ordre, Evêque de Saime-Agathe, & enfin Cardinal. Pie *lui donna une pension pour soutenir cette dignité, outre une bonne son*"me d’argent dont il lui fit présent.
Aussitôt que Montalte fut Cardinal, il parut un tout autre homme, <•*pour cacher les vues ambitieuses on le vit doux, humble, modéré,détachede la terre, & insensible aux plus grands outrages. II se masqua ainsi hy-pocritement pendant quinze ans, vécut dans une grande retraite & s’occup 3d’œuvres de pieté ; on îe voyoit rarement au Consistoire, & durant te 3trois dernieres années du Pontificat de Grégoire XlII.il affecta d’être f° rC .cassé & infirme , ensorte qu’on le saluoit souvent d’un compliment q ulauroit fort déplu à tout autre ; Dieu vous affifie pauvre vieux homme ; v° uSavez bientôt f ait votre course (a).
Su conduite Le s Cardinaux sappelloient communément par mépris Y Ane-de laàson.élee * c he, déserté que leur étonnement fut inexprimable quand il cessa Ion o e 'tion ‘ guisement. Quand les Cardinaux s’empresserent autour de lui pour ce qu’° nappelle i’adoration, il lè tenoit dans un coin où il toussoit <Si pieuroit, com^s’il lui éioit arrivé quelque grand malheur. Quand on vint au scrutiMontalte voyant plus de la moitié des suffrages pour lui, ne douta p^alors de Ton élection, & fans attendre la fin du scrutin il sortit de sa pss81 jettant au milieu de la salle le bâton sur lequel il s’appuioit, h 1redressa & il semblait qu’jl écoit crû d’un pied. Le Cardinal D os 11ayant remarqué à quelques signes l’étonnement des autres dit tout h 33 ’nations pas fi vite , il y a de /’ erreur dans le Scrutin ; Montalte lui rép°j?dit d’un ton ferme, Non , k Scrutin est bon & dans les formes , èfc en 111ms tems il entonna îe Te Deum avec une voix si forte & si éclatante ,frtoute la voûte de la Chapelle en retentit. Pendant qu’il éioit agenouillavantl’autel, le Maître des cérémonies lui demanda selon la coâtume» 5avoit pour agréable d’accepter le Pontificat? Montalte lui répondit g r3 ^ e ,ment; „ Je ne saurois plus recevoir ce que j’ai déja reçu. Mais j’ eîl ^,, cevrois volontiers encore autant ; me sentant parla grâce de Dieu 3^ de force pour gouverner, non feulement l'Eglise, mais le Monde
fa) Leti Vie de Sixte V. T. I. L, I-V.