D’ÎTALÏE. Liv. XXIV. Cîï. ï. m
On 3 vu plus haut que les Ligueurs n’avoient pu obtenir de Grégoire Shctto»XIII. qu’il excommuniât le Roi de Navarre & le Prince de Condé. Sixte nì ^ reV. le leur accorda, & expédia le 9 de Septembre une Bulle portant ex- d’Italiecommunication contre ces deux Princes , privation pour eux & leurs suc- puis Vancesseurs de tous leurs Etats, & notamment du droit de succession à la Cou- 1 5^4 ;«/*tonne de France, absolution à tous leurs vassaux & sujets de leur serment ?“’* l ' an
de fidélité. Aussitôt après la publication de cette Bulle Sixte V. écrivit à l023 ‘ _
^Empereur Rodolphe, & envoya ordre à son Nonce de prier ce Prince 7 / excom „d’empîoier son autorité pour empêcher les Princes Protestans d’Allemagne munie lede leur envoyer du secours, & de défendre fous peine d’être mis au ban Rotde F F a 'de l’Empire, de faire en faveur du Roi de Navarre & du Prince de Condé p^nce de*aucunes levées dans toute l’étendue de l’Empire («). Le Roi Henri lil. Cmidé.qui craignoit les suites de cette excommunication , tâcha d’engager leNonce du Pape à prendre le parti de la douceur ; mais il apprit que lepape envoyoit un autre Nonce en France pour faire exécuter la bulle âla rigueur. Le Roi fit solliciter-Sixte d’envoyer un autre Nonce que ce-lui qu’il avoir choisi ; mais le Pape s’opiniâtra , & le nouveau Nonce semit en chemin. Henri III. lui écrivit de s’arrêter en quelque lieu qu’il re-§ut ses Lettres. Ce fut à Lyon qu’il les reçut. A peine le Pape fut - ilinstruit de cet incident, qu’il fit dire au Marquis de Pisani Ambassadeur deFrance de sortir dans trois jours de l’Etat Ecclésiastique. L’affaire fut miseen négociation, & on convint que le Marquis de Pisani retourneroit àRome , & que: le Roi agréeroic le Nonce qui avoit été nommé parSixte (b).
Le Roi de Navarre ne crut pas devoir être insensible à feutrage que le Pme/ia.Pape lui fesoit, il trouva moyen de faire afficher dans Rome & jusqu’aux li J s®portes du Vatican une protestation, & une du Prince de Condé. 11 s’in* CfS x TtUrRrivit en faux contre les articles que la Bulle contenoït, il difoit qu’à re-gard du crime d’héresie qu’on lui imputoit, Sixte-foi-disant Pape avoit ma-licieusement menti, déclarant qu’il le tenoit lui-même pour hérétique,comme il s’offroit de le prouver dans un Concile libre, & que s’íl refusait. , s y soumettre, il ne vouloir plus le regarder que comme un excommu-nie & un Antéchrist, lui dénonçant en cette qualité une guerre mortelle& irréconciliable. Sixte V. fit faire toutes les recherches imaginables pourdécouvrir ceux qui avoient eu le courage d’afficher ces Ecrits, mais il n’enput venir à bout. II ne put s’empêcher d’admirer le courage du Roi deNavarre, qui avoit été capable de se venger à la face de Rome mêmed’un outrage qu’il avoit reçu de si loin, & avoit pu trouver des Ministresassez hardis & assez fidèles pour exécuter une commission si délicate. Aussidifoit-il souvent dans la fuite, que dans tout le monde il ne connoissoitqu’un homme & une femme, qui, à la religion près , fussent dignes derégner, & à qui il voulut faire part des grands projets qu’il méditait; e'é-toient le Roi de Navarre & la Reine Elizabeth (c). U fesoit souvent l’é-*°ge de la grandeur d’ame du premier , aussi ne fut - il pas possible de Yen-gager à contribuer aux fraix de la guerre qu’on lui fesoit (d). Si l’on s’em
(4) 'Qt Tkou ubi (e) Le mêíïie,.
W Le même. (d) Le même. -
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