52t> HISTOIRE GENERALE
Section rapporte à Leti (a) Sixte entretenoit en ce tems-là une forte de cor-respondance avec Ëlizabeth, ói tâchoít de l’engager à faire la guerre àd'ìtaiìs dc- l’Espagne dont la trop grande puissance lui fesoit ombrage.puis Van Le Pape s’étant fait respecter au dehors & rendu redoutable à fes sujets156,1 Jus- que son nom seul fesoit trembler, pensa à s’acquitter envers ceux à qui ilgu’a Van avo i t à obligations. Avant son exaltation au Pontificat, il tenoit un
-Journal exact de ce qui lui atrivoit de plus important, avec les noms de
La gratitu- ses bienfaiteurs & de fes ennemis. Se trouvant en état de témoigner fade du Pape reconnoissance à ceux qui Tavoient obligé, il le fit d’une façon assortie àeimrs ceux p on caractère, & en y mêlant la bonne humeur. II se trouva même desvomit'obii- 6 enS - ffiû avoient oublié les services qu’ils lui avoient rendus. Entre plv'gt, íieurs traits de cet ordre nous n’en rapporterons qu’un seul. Etant jeu asencore, il alla chez un Cordonnier de Macerata , pour acheter une pairede souliers. Après quelque contestation fur le prix, le Cordonnier lui ditqu’i! ne pouvoit lui donner les souliers à moins de sept Jules. Montalte laien offrit six, qui étoient tout ce qu’il avoir, en lui disant ,, Peut-êcre„ serai- je en état un jour ou sautre de vous donner le septième” Un jour■ouï 1 antre, reprit le Cordonnier, quand cela fera- 1 -il? quand vous screZPape? Oui , répliqua Montalte, je le veux de tout mon cœur , & v° uípayer même Y intérêt. „ Hé bien donc, répondit le Cordonnier, puisque„ je vois que vous vivez dans l’espérance d'être Pape, vous aurez les sou*
. ,, fiers à cette condition”. Montalte lui demanda son nom , & marquéce qui venoit de se passer sur son Journal. Quand il fut devenu Pape, ilse fit informer à Macerata, si Je Cordonnier vivoit encore. Ayant apprisqu’il vivoit, il ordonna au Gouverneur de l’envoyer à Rome,accompagned'un de ses Officiers. Le pauvre Cordonnier fut fort surpris & effraye»quand il apprit que le Pape vouloit le voir. Ayant absolument oublié cequi s’étoit passé entre lui & le jeune Cordelier, il y avoít quarante ans, i*se rappella tous les péchés de sa vie, pour démêler quel écoit celui qui I efesoit citer à paroítre devant le Pape. Quand il fut à Rome, Sixte lui de-manda , s’il ne l’avoit jamais vu à Macerata. Le Cordonnier tout tremblantlui répondit Non. Le Pape lui demanda alors, s’il ne se souvenoit p 3Sd’avoir vendu une paire de souliers à un jeune Cordelier, & lui avoircrédit d’un Jule. Le bon homme protesta qu’il ne se souvenoit de rien depareil, alors Sixte lui raconta saccord qu’ils avoient fait, & ordonna à s slI ?Maître d’Hotel de lui payer le Jule avec l’intérêt pour quarante ans, q l stalloit à deux Jules. Le Cordonnier s’en retourna fort mécontent, se p' 31 'gnant hautement à tout le monde, que le Pape lui avoít fait dépenser q u3 'rante écus pour faire le voyage de Rome & y recevoir trois Jules. Si^ tel’ayant appris par fes espions, fit revenir le Cordonnier , & lui dem 3 ^*s’il avoít un fils. Le Cordonnier répondit oui, que c’étoit un bon â h° sl *nête Prêtre de Tordre des Services. Le Pape manda le Prêtre , & lui c 011 'féra avant le départ de son pere, un Evêché dans le royaume de NaP leS(/?). A la fin de Tannée 1585 Sixte fit une promotion de huit Cardin^'Les Jésuites qui avoient gouverné Grégoire XIII. firent tous leurs essor
,(«) Leti Vie d’EItzabeth, T. II. p, 153. (L) Le même, Vie de Sixte V. T. I* L-