Section
X.
Histoired’ïlalie depuis l’an
15 <5 ô jus-qu'à l’an1623,
Le Roid’Espagneejì mécon-tent de lui.
526 HISTOIRE GENERALE
Le Pape parut d’abord disposé à lui donner cette satisfaction, maís fur lesinstances des Agens de la Ligue le Légat eut ordre de partir, & se miten chemin vers la fin d’Octobre (a). Ce n’est pas que Sixte fût fort favo-rable à la Ligue , au contraire il ne voulut jamais lui fournir aucun secoursni d’hommes ni d’argent, comme le Duc de Mayenne s’en plaignit à lui"Eiême, -dans une Lettre qu’il lui écrivit après la bataille d’Ivri [b).
Ce procédé du Pape dépiaifoit fort au Roi d’Espagne Protecteur de laLigue. Un Historien moderne (c) ajoute que son mécontentement s’ac-crut par une Traduction Icadenne de la Bible que Sixte fit publier. Tousles zélés regardèrent ce procédé comme scandaleux & favorable aux Héré-tiques. Le Duc d’Olivarez, Ambassadeur d’Espagne & divers Cardinauxlm en firent de vives plaintes; il leur répondit d’un ton railleur; je ì'djfait en votre faveur, parceque vous n entendez pas k Latin (*). Quoiqu’ilen soit de cette version de la Bible, Philippelí. avoit assez sujet d’ètre pi-qué contre le Pape, outre son peu de zele pour la Ligue, il ne perdoit pasde vue ses desseins fur le royaume de Naples, & Philippe ne i’ignoroitpoint. II résolut pour s’en venger d’assembler un Concile National de l’yfaire citer & de le déposer. Oiivarez fut chargé de notifier cette résolu-tion à Sixte. L’Ambassadeur choisit pour exécuter les ordres de son Maî-tre le jour que le Pape devoit aller prendre possession de son nouveau Pa-lais de St. Jean de Latran. Sixte en fut averti par ses espions ; surquoi í]ordonna au Gouverneur de Rome de marcher immédiatement devant luiprécédé de deux-cens Sbirres, avec le Bourreau une corde à la main, &lui enjoignit que si quelqu’un avoit l’insolence de venir l’arréter en cheminpour lui présenter une requête, il le fît étrangler sur le champ , qui qu’ilfût , le Comte d’Oiivarez ne sortit pas de son Hôtel, ayant été averti, &se contenta d’envoyer une relation exacte de ce qui s’étoit passé à Phi-lippe ( d ).
(a) Le même. (c) Ltti Vie de Sixte V. P. III, L, D r *
C&j Le même, L. XCVIII, p. 399 Edit de 1688 en Italien.
(d) Pelletier Hisl. de Sixte V. L. X-
(*) Leti assure qu’on trouve des Exemplaires de cette Version de la Bible dans I e *Bibliothèques du Grand Duc de Toscane & dans PAtnbrosienne à Milan, connue au®dans la Bibliothèque de Geneve. II dit avoir lu dans une Histoire Manuscrite de c ftems-Ià, que le Cardinal de Xolede voyant que Sixte refusoit absolument de la supp r1 'mer s'é ria: Dieu attrait-il abandonné son Eglise 1 , veulle t-il bientôt nous délivrer d’tméchant Pape! LePere Je Long 11) s’inscrit en faux contre le récit de Leti, que q ue "ques Suvans ont adopté, & fur lequel le savantFabricius (2) ne forme aucun doute. L*P- le Long soutient qu’il n’y eut jamais de pareille Version, qu’on ne volt dans aucunBibliothèque des Exemplaires d’une Bible Italienne publiée par les ordres de SistV J’ai eu la curiosité de consulter divers Auteurs fur ctt article, qui ont été à p° r 'tée d’être instruits & d’approsondir le fait, mais tous gardent un profond silence ®la Version Italienne faite par ordre de Sixte V. Le P. Simon en parlant des VerÇ 01 ?Italiennes de la Bible n’en dit rien. Don Caimet a répété simplement ce qu’a ®t ^P. le Long 11 paroit inconcevable qu’on n’ait rien de certain fur un fait si i súéclaircir, & qu’aucun Savant qui me soit connu n’ait ou appuyé le récit de L-en vérifiant les preuves, ou réfuté ce Conte , si c’en est un. Ce qui fait pancher l alance pour le P. Ie Long. Cest qu’il semble avoir dû s’éclaircir, en formant s a ** •bliotheque Sacrée.
(t) Le Long JSibl. Sac, T. I. p. m, 3J7» (-) Fahlcms Bibl, Grâce. Vol. III» p- 15 <*1